Avec Viva, l’écrivain Patrick Deville poursuit son cycle de voyages et d’écriture de « romans sans fiction ». Dans ce récit, il entrecroise les destins mexicains de Malcolm Lowry, Léon Trotsky et d’autres artistes ou révolutionnaires, pour composer un objet situé entre la fresque murale et la danse macabre. Présentation et entretien audio.
Les économistes néoclassiques ne vivent pas dans le monde réel, mais dans un univers parallèle, basé sur des hypothèses hasardeuses et non démontrables, qui empêchent une vraie réflexion sur l'état de nos sociétés. Telles sont les conclusions ravageuses de « L'Imposture économique », un livre iconoclaste de l’économiste australien Steve Keen, qui retourne contre la pensée dominante les armes de l'analyse économique la plus traditionnelle.
Pierre Pascal est l'un des grands témoins du XXe siècle. Cet officier français, arrivé en Russie en 1916, se rallie à la révolution bolchévique et va vivre durant dix ans au cœur du pouvoir soviétique. Il deviendra par la suite le maître des études slaves en France. L'historienne Sophie Cœuré publie la biographie de cet homme à l'itinéraire hors du commun.
Politique et littérature ont une exigence commune: créer des mondes possibles, inventer un peuple qui manque. Lorsque cette exigence se perd, les deux régressent au niveau du simple storytelling. Mais parfois, une œuvre solitaire répond à cette exigence. C’est le cas du roman d’Antoine Volodine, Terminus radieux.
Un village en Champagne-Ardennes qui a voté massivement pour l’extrême droite, un couple très improbable de journalistes, des esseulés, Rimbaud en guest star : avec Faux nègres, Thierry Beinstingel percute le politique avec le poétique et l’empathie. Entretien et extrait en fin d’article.
Stéphane Lavignotte, pasteur et théologien, chrétien de gauche, engagé dans l’écologie politique, cherche à réconcilier la gauche et la question religieuse pour ne pas l’abandonner à la droite, pour retrouver un lien avec les classes populaires et se saisir de ce que la spiritualité peut amener au camp progressiste.
Du Ravissement des innocents, premier roman de Taiye Selasi, il est plus simple de dire ce qu’il n’est pas : une image convenue de l'Afrique ou un texte ouvertement politique. Il est aussi insaisissable et multiple que son auteure, née à Londres, élevée aux États-Unis, vivant à Rome, d’origine ghanéenne et nigériane. Rencontre avec Taiye Selasi et premières pages du roman en fin d’article.
Par-delà le mythe – l'auteur sportif accompli, secret – ou les chiffres – le million d'exemplaires au Japon, au moins autant à l'étranger –, qu’est-ce qui fascine tant chez Murakami ? Visite guidée avec L’Incolore Tsukuru Tazaki, son dernier livre. Extrait en fin d'article.
La lecture du philosophe Cornelius Castoriadis rappelle à quel point la gauche manque à la fois d’idées et de radicalité. Et à quel point elle dispose pourtant de ressources pour repenser un projet socialiste au-delà des échecs du communisme réel et à rebours du néolibéralisme dominant. Entretien avec l’historien François Dosse.
Saisissante beauté des Solovki, monastère devenu prison tsariste puis soviétique, rencontres, voyages renouvelés, camps : à travers le destin unique et commun d’Alexeï Féodossiévitch Vangengheim, liquidé en 1937, Olivier Rolin parle de « l’espérance révolutionnaire » assassinée, d’un père aimant, de la Russie, de lui. Et c’est très beau. Entretien vidéo, extrait en fin.
Salarié invisible, le vigile que conte Gauz dans un livre réjouissant publié en cette rentrée, est aussi celui qui voit tout de nos folies contemporaines. Le travail en miettes, la solitude des métropoles, son regard lucide et moqueur n'épargne rien ni personne. Entretien vidéo et texte inédit.
Alors que l'actualité tourne autour de l'intimité de la « figure publique » qu'est François Hollande, l'historien Antoine Lilti étudie « l'invention de la célébrité ». Et montre ainsi, à la fois, qu'elle ne date pas de l'apparition du cinéma et qu'elle permet de repenser la notion même d'espace public.
Après deux romans japonais, Christine Montalbetti retourne aux États-Unis, explorant des crises individuelles et collectives, dans un roman inclassable, vertigineux, génie du lieu et hymne à la puissance de la fiction : Plus rien que les vagues et le vent. Rencontre avec l’auteure et extrait du roman en fin d’article.
Longtemps, Manhattan a tenu le haut du pavé dans les romans américains, mais c'est Brooklyn qui s'impose désormais dans la fiction, et est déjà en passe de devenir un cliché. Alors que se tient le festival America, visite du nouvel eldorado des lettres américaines, autour de quelques romans de cette rentrée. Extraits en fin d'article.
Et elle ne passe pas, la mémoire. Elle innerve le temps présent. Lydie Salvayre dit, superbement, la liberté d’une femme entre Histoire et carcan d’une société, le courage de Bernanos, l'insurrection libertaire. Trapiello interroge brillamment les suites intimes, publiques, actuelles, de la guerre civile espagnole: à vif, tous deux. Extrait en fin.
Blanès, étonnant et détonant premier roman, défie à la fois le pitch et le rationnel. Costa Brava, disparition, Roberto Bolaño, camping, deuil et pur plaisir de lecture : se souvenir que le rire est victoire sur le tragique. Extrait en fin.