Obama en Pologne, 39-45 en hommage groupé, petits relents de guerre froide : et comme souvent, trois romans policiers, de Zygmunt Miloszewski, Arnaldur Indridason et Hervé Le Corre, s’en vont – et avec quel talent ! – explorer le passé proche, ses trous, ses violences. Et ses ombres portées.
Le philosophe Pierre Dardot et le sociologue Christian Laval dessinent les contours de la « révolution au XXIe siècle ». Celle-ci serait fondée sur le principe politique du commun, qui «désigne non la résurgence d’une idée communiste éternelle, mais l’émergence d’une façon nouvelle de contester le capitalisme».
Polarisez-vous ! Romans noirs et romans politiques ne sont pas toujours sombres. Petros Markaris, en une trilogie qui s’achève, raconte la Grèce, la crise et le changement ; Massimo Carlotto, l’internationale des mafias en col blanc ; et Emmanuel Grand fait souffler l’air du large sur le constat social.
L’historien israélien Zeev Sternhell publie un ouvrage en forme de bilan d’une vie politique, militaire, scientifique... Il dresse un constat désastreux de la situation d’Israël, réfléchit au rôle encore possible des intellectuels dans la vie publique, et analyse la politique européenne à l’aune de ses travaux sur l’histoire des droites radicales.
Le bruant à gorge blanche est-il l’avenir de l’homme ? Cet oiseau capable de voler 7 jours consécutifs sans dormir intéresse l’armée américaine mais aussi un capitalisme prédateur pour lequel le sommeil serait le dernier continent à conquérir, selon Jonathan Crary, qui publie 24/7 – Le capitalisme à l’assaut du sommeil.
La grande grève des mineurs de 1948 est une histoire qui n’est pas encore achevée en 2014. Ils ne sont plus qu’une poignée à réclamer justice. Dans Plus noir dans la nuit, Dominique Simonnot explore les archives parfois saisissantes d’hier… et les courriers ministériels d’aujourd’hui. Mais surtout, elle redonne vie et parole à ces ouvriers dont l’existence a été bousillée par une interminable vengeance sociale.
« Et le rouge toujours reste en fond », écrivait Chris Marker. Deux livres disent, sur un mode bien plus revigorant que nostalgique, l’histoire et l’intimité des combats politiques de ceux que l’on oublie toujours. Aujourd’hui, Les Rouges de Pascale Fautrier, saga familiale et politique emportée, qui s’ouvre sur Antoine le Jacobin et s’achève avec JC, alias Kostas. À savoir, Cambadélis, homme aimé.
David Van Reybrouck, belge de langue flamande, vient de publier Contre les élections, charge décapante contre l’épuisement et les dysfonctionnements des démocraties européennes. « Chez vous, on peut voter ou manifester, mais il n’y a pas grand-chose entre les deux », dit-il à propos de la France. Troisième entretien de notre série sur la façon dont les intellectuels étrangers voient la France.
À l'occasion de la sortie d'Extorsion, court roman qui condense pourtant toute son œuvre, rencontre avec James Ellroy qui s’autoproclame « grand Kahuna » (sorcier hawaïen) et se verrait bien en « Charles de Gaulle le jour de la Libération ».
Au début des années quatre-vingt-dix, l'écrivain colombien, décédé le 17 avril, était une célébrité inaccessible, et obtenir une interview un défi pour tous les journalistes. Le journaliste Miguel Angel del Arco, traduit par l'écrivain et éditeur François Maspero, fait ici le récit de sa rencontre à Mexico avec le déjà Prix Nobel de littérature, un prix comme une victoire au Mondial, un entretien comme un fleuve.
Dans son précédent roman, « 14 », Jean Echenoz concentrait la Première Guerre mondiale en une centaine de pages et cinq destinées. Avec « Caprice de la reine » et en sept récits, c'est le monde qu'il arpente. Rencontre avec un écrivain « explorateur autant qu’historien » et premières pages du recueil en fin d'article.
Comment les chercheurs étrangers qui travaillent sur la France regardent-ils la situation du pays ? À quelles causes attribuent-ils les tensions, crispations et blocages qui traversent l’Hexagone ? Deuxième entretien de notre série avec l'Américain Ezra Suleiman.
Pourquoi la critique sociale ne parlerait-elle pas avec la voix de l’utopie ? À partir de cette interrogation, sept chercheurs et l’écrivain Alexis Jenni imaginent le monde depuis le XXIIe siècle, en mêlant « diagnostics, désarrois, craintes, solutions, espérances… ».
Pendant la guerre d’Algérie, le FLN a fait des prisonniers afin d’internationaliser le conflit et de se poser en interlocuteur militaire et politique. Explications de l’historienne Raphaëlle Branche.
Comme son étymologie le rappelle, la statistique est liée au pouvoir d’État. Avec la diffusion de critères d’évaluation forgés dans les entreprises au cœur de l’action publique, les instruments paraissent être, de plus en plus, des outils d’aliénation. Deux ouvrages exposent pourtant quelques manières de s’approprier la politique des nombres pour en subvertir les effets néfastes.
Un ciel rouge, le matin est un “western irlandais” dans lequel Paul Lynch construit une fable de l’exil à partir d’un événement oublié de l’Histoire. Rencontre et premières pages du livre.