L'écrivain Milan Kundera publie chez Gallimard La Fête de l'insignifiance. Dans ce roman sur l'apothéose du rien, il met en scène « un peuple qui manque ». Lorsque les civilisations s’effondrent et que les centres du pouvoir ne tiennent plus, il est un moment où cette décomposition cesse d’être visible à l’œil nu. C'est alors que le roman, et lui seul, peut nous éclairer.
Le second tour des élections municipales se profile sans que la réflexion sur les mutations de la ville ait été invitée dans les débats. Revue de quelques termes à la mode et des nouveaux lieux où se pense la ville contemporaine.
À l’heure où l'État-nation est contourné par des formes politiques minoritaires et contesté par des pouvoirs supranationaux, l’anthropologue Marc Abélès invite à penser autrement les lieux du politique, voire « au-delà de l’État ». À retrouver dans la bibliothèque de Mediapart.
À l'heure où le populisme envahit la scène politique européenne, « L'âme des peuples », une collection de brefs ouvrages, fait entrer un peu d'air frais dans une atmosphère pesante.
Plusieurs livres interrogent le rituel du vote, pour le démonter ou l’historiciser. Là où David Graeber et David Van Reybrouck cherchent à penser une démocratie au-delà du vote, l’historien Olivier Christin se consacre aux pratiques électives d’avant le suffrage universel.
Le livre du journaliste David Le Bailly sur Anne Pingeot, La Captive de Mitterrand (Stock), est loué par une critique corporatiste, abdiquant toute expertise et cédant aux lois de la promotion. Réquisitoire contre l'approbation mercantile…
Tout comme le Salon du livre de Paris, la Maison de l'Amérique latine rend hommage au poète argentin Juan Gelman, décédé le 14 janvier dernier. Cet exilé dont l'œuvre a été abondamment saluée et distinguée a écrit en « raclant les murs du monde avec ses os », en mémoire des « disparus » de la junte militaire (1976-1983).
En février 1982, une jeune avocate, Brigitte Hemmerlin, était jugée pour avoir apporté une arme en prison au dernier condamné à mort français, Philippe Maurice. En mars 2014, elle en tire un roman. L’ex-condamné, devenu médiéviste, universitaire, publie au même moment un récit. Itinéraires, entretiens et extraits en fin d'article.
Quels liens entretiennent la littérature et la politique, le réel et le virtuel ? C’est autour de ces questions que Ben Lerner structure son premier roman, Au départ d’Atocha, et sa représentation du malaise contemporain. Rencontre avec l’écrivain américain et extrait du roman en fin d’article.
Évacuons d’entrée les critiques : Harlan Coben avoue écrire des romans grand public même s’il refuse d’entrer dans un genre, une catégorie. Rencontre avec l’écrivain et extrait de « Six Ans déjà ».
L’expérience fut tentée par un hôpital néerlandais : un regard d’écrivain sur un service. Lorsque cet écrivain est aussi psychanalyste, et s’appelle Anna Enquist, cela donne un roman sombre et décapant, complexe, où les abandonnés abandonnent à leur tour. Rencontre à Amsterdam et extrait en fin d'article.
Texte ultime de Christa Wolf, offert à Gerhard son compagnon depuis soixante ans, peu de temps avant sa mort : écrites d’une traite, une cinquantaine de pages épurées, un ensoleillement secret, une dernière traversée.
Margaret Drabble avait annoncé renoncer à écrire, en 2006, après la publication de « The Sea Lady ». « Un bébé d'or pur », son dix-huitième roman, vient pourtant de paraître, fresque sur plusieurs décennies d'une société en pleine mutation. Rencontre avec une femme engagée et extrait du roman en fin d'article.
La récente publication d’une anthologie de poèmes traduits du russe d’Arséni Tarkovski, père du cinéaste Andreï, permet de vérifier que s’il y a des enfants prodiges en art, il arrive aussi que des ascendances s’y exercent avec prodigalité.
Pendant deux siècles, entre le XIVe et le XVIe, le Groenland a disparu des savoirs et des imaginaires européens. Paraît aujourd’hui le livre, écrit par un aventurier baroque, qui fit redécouvrir aux Français la terre mythique du Grand Nord, à la fin de la Renaissance.
Comment écrire, après Toni Morisson ou Edward P. Jones, la violence inhérente à l'Histoire américaine, ses révoltes d'esclaves, la ségrégation et l'horreur ? Laird Hunt offre avec Les bonnes gens une parabole inouïe, tissant voix et discours, de 1830 à 1930. Extrait du roman en fin d'article.