Pour cet ultime volet (4/4) de la série « Le poème, voix des événements », nous présentons deux grandes voix actuelles de la poésie, celles du Chinois Yu Jian et de l’Italien Eugenio De Signoribus, qui, comme l’écrit Claude Mouchard, « vibrent l’une et l’autre avec les ébranlements de ce monde que, fût-ce dans la surdité et l’aveuglement, nous partageons ».
Sept cents pages de sombre château au bord d’un lac, de forêts profondes, d’aristocratie partie aux confins de l’empire austro-hongrois, d'amours sanglantes et de luttes communautaires. Mathias Menegoz semble à contre-courant. Pas tant que ça. Extrait en fin.
La narration et le lyrisme peuvent avoir partie liée dans les événements de l’Histoire, des histoires. Illustration avec trois poètes français actuels : James Sacré, Florence Pazzottu, Philippe Blanchon. Troisième volet de notre série « Le poème, voix des événements » et extraits.
Meurtres, incestes, folie et fol amour, tragédie péri-urbaine, vices cachés ou montrés : la vie de famille est pleine de possibles. Arnaud Delrue nous la découpe étonnamment. Ismaël Jude en est le stupéfiant voyeur. Et tous deux usent de l’opaque pour mieux révéler. Extraits en fin d'article.
C’est à un sujet sociologiquement impur et philosophiquement inédit que s’intéresse Chantal Jaquet, professeur à Paris 1. Les « transclasses », qu’elle étudie avec brio, sont ces individus qui, brisant la « logique implacable de la reproduction », sèment le trouble dans le déterminisme social, sans le nier ni s’y soumettre.
Récit cruel voire sadique chez Denis Michelis, chronique acérée du sous-emploi chez Clotilde Coquet, magnifique conte sur la métamorphose et la rupture sociale chez Marion Richez : trois premiers romans, trois versions remarquables du roman d’apprentissage revisité.
Trois des 607 romans de cette rentrée littéraire explorent les transports en commun: une rame de RER soudain à l'arrêt dans Incident voyageurs de Dalibor Frioux; des luttes autour d'une ligne à grande vitesse chez Aurélien Bellanger (L'Aménagement du territoire); une catastrophe aérienne dans le premier roman d'Adrien Bosc, Constellation. Chacun de ces récits propose un angle d'étude romanesque de groupes humains en pleine mutation. Critique et extraits des livres.
À l’écart de la triade illustre de la poésie grecque, Cavafy, Séféris et Elytis, à laquelle on peut rattacher Ritsos, toute une génération aux préoccupations plus existentielles a éclos dans l’immédiat après-guerre. Ainsi, Aris Alexandrou, récemment traduit en français, donne à entendre une parole sans détour dans l'Histoire. Deuxième volet de notre série « Le poème, voix des événements ».
La violence globale de l’Histoire a été à ce point intériorisée par tous qu’il revient à la poésie du monde entier de mêler sa voix aux récits qui en sont faits. Intempestive, itinérante, c’est une singulière narration de l’Histoire, des histoires, que donne à entendre cette « voix des événements » du poème. C’est ce que nous nous proposons d’explorer dans cette série, et tout d’abord par cet entretien avec Claude Mouchard de la revue Po&sie.
Quand Vadim Perelmouter, chercheur et essayiste russe, a lu pour la première fois Sigismund Krzyzanowski, celui-ci était mort depuis 29 ans. « Génie négligé » devenu miraculé de la littérature : depuis 1989, le monde découvre progressivement cet écrivain majeur. Sacré bonheur de lecture, tel ce Rue involontaire paru cette année.
Dans The Last Magazine, Michael Hastings écrit une satire percutante du journalisme américain au moment d’une de ses plus grandes défaillances : la guerre d’Irak, une forme de faillite collective qui n’atteignit pas seulement ceux qui étaient le plus prédisposés à céder aux pressions d’un gouvernement belliciste mais des institutions servant habituellement de sentinelles aux égarements. Ce roman drôle et pertinent est aussi un requiem pour la presse papier.
L’historien des idées François Cusset, déjà auteur d’une étude sur le « cauchemar des années 1980 », dirige un ouvrage collectif qui vise à dégager le sens de la décennie 1990, « de la fin de tout au début de quelque chose ». Entretien vidéo.
Le livre de poche représente 27 % des ventes annuelles de livres en France, soit un peu plus de 73 millions d'exemplaires. Deux festivals le célèbrent chaque année, “Saint-Maur en poche”, qui vient de s'achever, et “Lire en poche”, qui se tiendra en octobre à Gradignan. L'occasion de demander à quatre écrivains, un éditeur et une traductrice de nous présenter, face caméra, leurs titres fétiches.
L’œil d’Annie Ernaux des mois durant sur le centre commercial Trois-Fontaines de Cergy : hyperacuité. Et en écho, l’incertitude existentielle de Kim Ae-ran, jeune auteure coréenne, face aux supérettes du quartier : super drolatique.
Lire, plus que jamais, c’est dire non, penser contre la fermeture et l’exclusion, s’ouvrir à la richesse de l’altérité. Ce programme nécessaire est aussi celui du roman comme le rappellent quelques essais récemment parus. La fiction a une visée certes esthétique mais aussi politique et sociale.
Un anthropologue chez les brokers, traders et vendeurs. Horacio Ortiz s’est immergé dans le monde de la finance, en travaillant comme analyste à New York, Paris et désormais Shanghai. Il livre un essai Valeur financière et vérité, qui permet, entre autres, de comprendre comment les sociétés sont cotées.