Les tenants de la social-démocratie comme de la gauche radicale ont nettement reculé au parlement européen. Au-delà de ces pertes chiffrées, aucune voie stratégique ne s’impose avec évidence, tandis que les Verts gagnent en puissance.
Les écologistes allemands ont multiplié leur score par deux le 26 mai, réussissant à attirer des millions d’électeurs de tous partis et classes d’âge. Ils ont aussi su répondre aux attentes des Allemands sur le climat et l’Europe. Leur histoire, leur positionnement et leur fonctionnement montrent enfin que Die Grünen ont largement les moyens de revenir au gouvernement, et de supplanter les coalitions entre conservateurs, sociaux-démocrates et libéraux.
Le groupe écolo, qui devrait compter environ 70 députés sur 751, pourrait jouer un rôle pivot au cours des cinq années à venir. Au sein de ce collectif, de nombreuses sensibilités politiques cohabitent, plus ou moins pragmatiques.
C’était le premier test électoral pour Syriza depuis les législatives de septembre 2015. Le résultat est un échec cuisant pour la « coalition de la gauche radicale », qui avait pourtant multiplié les mesures sociales depuis trois ans. Prenant acte de la défaite, Tsipras a convoqué des élections anticipées.
Poussée d’Ecolo et du PTB au sud, triomphe de l’extrême droite au nord : les divisions politiques de la Belgique semblaient renforcées à l’issue des fédérales de dimanche. Les négociations pour un exécutif s’annoncent dures.
En Espagne, le socialiste Pedro Sánchez est le grand vainqueur des européennes. À Barcelone et Madrid, les deux maires « indignées » sortantes, Ada Colau et Manuela Carmena, figures du renouveau de la politique en Europe, devraient perdre leur siège, malgré des scores solides.
Pour la première fois, la famille de droite (PPE) et les sociaux-démocrates sont en net recul et ne disposeront pas d’une majorité de coalition. Les partis libéraux et les écologistes connaissent une progression inédite. En France, en Italie, en Pologne et en Hongrie, les droites extrêmes sont en tête.
Dimanche, notre émission en clair et en direct de la rédaction s'est penchée sur les résultats des élections européennes. Décryptage par nos journalistes et des universitaires des chiffres de la participation et des scores des forces politiques, en France et en Europe.
Avec un nouveau maire jeune et issu d’une liste citoyenne, mais aussi un député d’extrême droite de l’AfD, Zittau et sa région frontalière avec la République tchèque et la Pologne hésitent électoralement entre deux orientations radicalement opposées sur les questions migratoires et sociales.
En pleines élections européennes, les droites des pays des Balkans sont écartelées entre des courants modérés europhiles et une lame de fond ultraconservatrice. Courtisés à la fois par Viktor Orbán et par Angela Merkel, les États membres de l’UE sont devenus des pions essentiels pour la grande famille de la droite européenne, le PPE.
Pour la clôture de sa campagne européenne, le Mouvement Cinq Étoiles défend son bilan et tente de faire passer toujours le même message : quelle que soit l’issue du scrutin, cela ne changera rien à son alliance de gouvernement avec la Ligue du Nord.
Alors que le parlement de Strasbourg reste un nain politique, cap au Sud : les scores électoraux, ce dimanche 26 mai en Espagne, des plateformes citoyennes qui avaient remporté les mairies, comme Madrid et Barcelone, il y a quatre ans, seront un paramètre clé, pour celles et ceux qui veulent réveiller l’Europe.
Le chef de l’État a construit cette campagne européenne comme un exercice de prestidigitation mettant en scène un duel progressistes-nationalistes. Il tente de faire oublier un bilan quasi inexistant et une image dégradée en Europe. Le président paie également le prix d’une vision archaïque et arrogante de ce que peut être le rôle de la France dans l’Union européenne.
En France comme ailleurs sur le continent, les élections européennes sont celles qui mobilisent le moins, avec un fort risque d'abstention. Pourtant, l’Europe est omniprésente dans notre quotidien, et notre politique nationale dépend en grande partie de ce qui se joue à Bruxelles. Sans tomber dans une opposition binaire à l’extrême droite, un vote de conviction est encore possible.
Il y a dix ans, l’Europe découvrait les images des miliciens du Jobbik paradant au cœur de Budapest. Puis le parti d’extrême droite s’est fait couper l’herbe sous le pied par la trajectoire autoritaire de Viktor Orbán. Il s’avère aujourd’hui incapable d’enrayer la toute-puissance du premier ministre hongrois.
Le débat sur les politiques de défense et de sécurité en Europe n’a pas eu lieu. Dommage, tant deux questions décisives divisent les partis : celle de l’appartenance à l’Otan, obstacle à la construction d’une défense européenne, et celle de l’augmentation des dépenses militaires, défendue par le camp présidentiel.