Le candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle a marché sur les pas de ses soutiens identitaires les plus radicaux qui fantasment une « guerre des civilisations ». Une exploitation politique dénoncée par une partie de la communauté arménienne.
Après la profanation du carré musulman du cimetière de Mulhouse, notre chroniqueur Nicolas Lebourg s’interroge sur la généalogie de ces actes. S’ils s’inscrivent dans un climat délétère, on ne saurait les réduire à de simples faits d’actualité. Surtout si l’on s’attarde sur le devenir du récit autour du cimetière de Carpentras en 1990.
Gérald Darmanin a annoncé dimanche 12 décembre sur RTL avoir « engagé la procédure de dissolution » des Zouaves Paris, un groupuscule néonazi accusé d’avoir participé aux violences commises au meeting d’Éric Zemmour à Villepinte.
Comment les militants « antifas » sont-ils devenus des fascistes dans certains médias ? Les antiracistes, les nouveaux racistes ? Retour sur l’efficace travail de sape lexical mené par l’extrême droite.
Au lendemain de l’agression de journalistes et de militants antiracistes au meeting d’Éric Zemmour, les rares condamnations politiques ont brillé par leur mollesse et leur relativisme. Au pouvoir comme dans l’opposition, certains ne luttent plus contre l’extrême droite : ils composent avec elle.
Le groupuscule « Zouaves Paris » a revendiqué lundi, dans une vidéo, les violences commises à l’égard de militants antiracistes lors du meeting d’Éric Zemmour à Villepinte. Des responsables de la sécurité ont remercié les auteurs des agressions. Mardi, le candidat a « condamné toutes les violences », tout en qualifiant les militants de SOS Racisme de « provocateurs » et « chiens truffiers des subventions ».
Le candidat d’extrême droite ne manque aucune occasion de fustiger le libéralisme. Mais les liens entre sa vision du monde et la pensée historique du néolibéralisme, à commencer par celle de Hayek, sont évidents.
L’ancien éditorialiste de CNews et du Figaro a officialisé, mardi, sa candidature à l’élection présidentielle dans un clip reprenant toutes ses obsessions identitaires. Sur le terrain, sa campagne est devenue particulièrement compliquée.
Alors que les arrestations se multiplient ces derniers jours dans les milieux d’ultradroite, la DGSI a, selon nos informations, redéployé des moyens humains pour faire face à cette menace. À ce jour, neuf enquêtes judiciaires sont en cours sous une qualification « terrorisme » et 53 militants mis en examen.
Dimanche 21 novembre, en début d’après-midi, peu avant le match de football Strasbourg-Reims, les membres du groupe Strasbourg Offender se sont battus contre les Rémois du MesOs en plein centre-ville de la commune de Kilstett.
Marine Le Pen, héritière d’un parti fondé par des anti-gaullistes fervents, a rendu mardi 9 novembre, un hommage au général de Gaulle à Bayeux. Éric Zemmour prétend, lui, concilier, au mépris de l’histoire, l’héritage de Pétain et de De Gaulle.
Marginalisés ces dernières années, d’anciens cadres et militants du mouvement de Bruno Mégret, l’ex-numéro deux du Front national parti en 1999 créer son parti, tentent de jouer un rôle prépondérant dans la campagne d’Éric Zemmour. En Bretagne, où le polémiste est en meeting ce week-end, ils ont structuré un comité régional officieux.
Mediapart s’est penché sur les comités locaux d’Éric Zemmour. Selon les documents internes que nous avons obtenus, l’Action française, la Ligue du Midi ou les anciens de Génération identitaire, anti-républicains et adeptes de la violence contre l’État, forment le cœur des équipes de pré-campagne.
Déçus de Marine Le Pen, éloignés du Rassemblement national, partisans de « l’union des droites », figures néonazies, identitaires ou royalistes : la fachosphère est désormais en ordre de marche derrière la candidature d’Éric Zemmour, qui les accueille à bras ouverts, assumant de « se foutre de la diabolisation ».
Un document confidentiel que Mediapart s’est procuré dévoile une équipe de campagne de onze personnes au service du futur candidat : ex-collaborateurs LR, ancien cadre du mouvement de Bruno Mégret, militants de La Manif pour Tous, attachée de presse des éditions Ring, journaliste à RT France, mais aussi un banquier ou des spécialistes d’intelligence économique.
L’emballement médiatique autour d’une éventuelle candidature d’Éric Zemmour a fini par éclipser la lente déliquescence de la position du RN dans le paysage politique. Les défections sont nombreuses car la ligne du parti déçoit, frustre ses cadres et ses militants.