Livres

Sylvain Prudhomme, Chloé Thomas: comptes et légendes

Livres — Chronique

Retours très particuliers vers les années 1970 et 1980 : éblouissement sous le soleil d’Arles avec Légende, de Sylvain Prudhomme, et premier roman ambitieux de Chloé Thomas, Nos lieux communs, qui interroge les établis d’antan et les incertains d’aujourd’hui. Premier de deux articles autour de ce qui se transmet (ou pas).

Eric Faye, éclipses derrière un soleil rouge

Livres — Entretien

Dans son dernier roman, Éric Faye s’intéresse aux kamikakuchi, ces hommes et ces femmes ordinaires « cachés par les dieux », c’est-à-dire enlevés au Japon par le gouvernement nord-coréen à des fins d’espionnage dans les années 1970-1980. Un puzzle choral déclinant les destins d’une demi-douzaine de personnages entre vérité et fiction, pour décrire une réalité qui, loin de se réduire au fait divers, synthétise les complexités géopolitiques d’une partie du globe.

Avec « Laëtitia », Ivan Jablonka réinvente le fait-divers

Livres

Ce n’est pas un roman qui vient d'obtenir le prix Médicis, mais quel sacré livre ! « Laëtitia », récit subjectif, enquête minutieuse, honnête même dans ses impasses, renoue avec le fait-divers comme « force de frappe cognitive ». Le meurtre de Laëtitia a passionné la France et ridiculisé Sarkozy. La vie reconstituée de Laëtitia la fait exister, et avec elle, le pays silencieux.

1789: la fiction vient réveiller la grande Révolution

Livres

Deux récits autour de la Révolution française paraissent simultanément chez le même éditeur : 14 Juillet, d’Éric Vuillard, et Sauve qui peut (la révolution), de Thierry Froger. Radicalement différents, les deux livres se font écho pour cerner la puissance de l'acte révolutionnaire.

Jonathan Franzen: l'alerte est lancée!

Livres

C'est un flirt poussé entre actualité et roman : les Shadow Brokers, ce groupe de hackers qui auraient pillé les trésors de la NSA, évoquent furieusement le Sunlight project de Purity, dernier roman de Jonathan Franzen. Lui-même aux prises, cet été, avec une de ces polémiques Internet et Twitter qu’il dénonce.

Echapper aux «verdicts» sociaux

Nos débats et entretiens vidéo — Entretien

Comment s’affranchir des phénomènes de domination ? C’est une des questions qui taraudent Didier Eribon, l’auteur de Retour à Reims, et qu’il retravaille dans son dernier ouvrage. Entretien.

Philippe Forest en oracle de notre disparition qui vient

Livres — Chronique

Dans un roman hypnotique, Crue (Gallimard), Philippe Forest scrute l'époque, flaire les mutations, devine la catastrophe. À travers un narrateur recru mais aux aguets : « Chacun fait l'épreuve de voir disparaître ce qu'il aime. » Fantastique lecture pour tous…

Une famille littéraire (6/6): Paolo Cognetti, le grand frère admiré

Livres

Silvia Avallone a dit son admiration pour Sofia s'habille toujours en noir et ses beaux personnages d'adolescents maladroits, complexés, et impossibles. Dans notre tentative de créer une famille de la littérature sociale italienne, nous ferons donc de Paolo Cognetti, le grand frère de l'auteure du roman D'acier. Même si chacun d'eux ne voit pas la même issue à la révolte de la jeunesse.

Une famille littéraire (5/6) : Stefano Tassinari, le père enragé depuis les années de plomb

Livres

On lui doit Les marques sur la peau roman dont l'intrigue s'appuie sur les grandes manifestations altermondialistes de Gènes en juillet 2001 et la terrible répression de la police. Tassinari a vécu les années de plomb en jeune homme engagé et ne les a jamais oubliées. Dans notre tentative de dessiner une famille de la littérature sociale italienne, Silvia Avallone pourrait bien avoir hérité de Tassinari.

Une famille littéraire (4/6): Deux mères pour raconter l'Histoire

Livres

Dans notre jeu des sept familles sur la fibre sociale de la littérature italienne, nous accordons deux mères à l'écrivaine Silvia Avallone : les deux auteures de Prends garde : dans ce livre qui revient sur le lynchage d'Andria dans les Pouilles en 1946, Luciana Castellina écrit « l'histoire » là où Milena Agus écrit « le roman ». Une prouesse.

Une famille littéraire (3/6): Elio Vittorini, les armes du grand-père

Livres

Son Conversation en Sicile fut interdit par l’Italie fasciste. Il défendit ensuite la « liberté de création » face à Aragon et aux communistes orthodoxes. Ses engagements, dit-il, lui viennent de « l’expérience collective dont il est le porteur spontané ». Et en ce sens, il pourrait être l’aïeul de la famille de plume de Silvia Avallone, que cette série d’articles tente de constituer.

Gigi Riva ou le sens footballistique du tragique

Livres — Chronique

Un tir au but peut-il changer le cours de l’Histoire ? Avec Le Dernier Penalty (Seuil), l’auteur italien – homonyme d’un grand joueur des années 1960 – revient 25 ans plus tard sur les derniers jours de la Yougoslavie multiethnique, laissant entrevoir l’imminence de la guerre par l’entrebâillement d’une porte de vestiaire, celui de l’équipe nationale lors de la coupe du monde de 1990 en Italie.

Une famille littéraire (2/6): Elsa Morante, une grand-mère de combats

Livres

Au sujet de cette romancière et écrivaine née en 1912, Silvia Avallone parle de « la plus grande figure féminine du XXe siècle en Italie ». Elsa Morante est l'écrivaine des tensions et transgressions dans un monde décrit avec une précision de peintre hyperréaliste. Deuxième article d'une série de six qui tenteront de composer la famille de plume de Silvia Avallone.

Derrière la propagande, les fantômes de Tripoli

Livres — Chronique

Dans un essai à quatre mains, qui puise sa matière dans un photoreportage réalisé en Libye au début du XXe siècle, les écrivains Jérôme Ferrari et Oliver Rohe interrogent notre relation à l’image de guerre et aux racolages idéologiques qu’elle véhicule.

Une famille littéraire (1/6): Silvia Avallone et les filles de l’Italie des années 2000

Livres

Elle n’a publié que deux romans que, déjà, elle impose son regard dans le tableau de la société transalpine. Et s’installe dans une lignée d’écrivains italiens à la fibre sociale. Premier article d’une série de six qui tenteront de composer la famille de plume du phénomène Silvia Avallone.

Jean-Paul Goux accroche la vie et crochète la mort

Livres — Chronique

Dans L’ombre s’allonge (Actes Sud), Jean-Paul Goux, romancier des retraits énigmatiques et des anfractuosités combattantes, s’attache au fil ténu et tenace d’une existence possédée de culture. Mais dépossédée de tout, hormis la conscience des lieux…