La réforme pénale supprime certaines mesures sécuritaires emblématiques de l’époque Sarkozy. Mais d’autres subsistent et des sujets importants ne sont pas abordés, de peur d'alimenter le procès en laxisme de la droite. La garde des Sceaux ne cache pas ses impatiences.
La réforme pénale, examinée à partir de ce mardi à l'Assemblée, contient des « avancées », selon Matthias Fekl, qui déplore que plusieurs dispositifs introduits par Sarkozy, comme les tribunaux correctionnels pour mineurs ou la rétention de sûreté, restent en vigueur. Quant à la peine de probation, créée par la loi, le député regrette le refus du gouvernement d'étendre son champ d'application.
Le député UMP demande ce mardi aux députés de suspendre les poursuites judiciaires dont il fait l'objet. La majorité devrait rejeter cette demande mais il se trouve quand même un élu de gauche, le radical Alain Tourret, pour plaider sa cause.
Ce sont des députés socialistes discrets, ceux qu'on ne voit pas à la télé. Ça ne les empêche pas d'avoir leur avis sur la politique du gouvernement et de François Hollande. Certains se sont abstenus lors du vote du 29 avril sur le plan Valls de 50 milliards d'économies. Paroles de députés que l'on n'entend jamais.
Cette semaine, la Parisienne Libérée chante les pressions de l’exécutif sur l'Assemblée nationale : votez-moi ça, vous serez gentils ! Chronique vidéo.
Quarante et un députés PS se sont abstenus sur le plan de 50 milliards d’économie. Plus que ne le prévoyaient les dirigeants de la majorité, même si Matignon a réussi à contenir l'hémorragie. Les prochains votes s’annoncent problématiques. Si l’UMP poursuit sa stratégie d’opposition frontale, les centristes font des clins d’œil de plus en plus appuyés au premier ministre.
Le député socialiste de la Nièvre, un des initiateurs de « l’appel des 100 » parlementaires critiques du gouvernement, dénonce les mesures d’économies annoncées par Manuel Valls, qu'il qualifie d'« injustes ». Il juge également « irrespirable » le mépris de l’exécutif pour sa majorité parlementaire.
Ils ont été élus députés en juin 2012 pour la première fois. Ils se sont vite aperçus que sous la Ve République et avec le quinquennat, leurs pouvoirs de parlementaires sont plus que réduits. Alors que l'Assemblée s'arrête de travailler pendant plus d'un mois, trêve municipale oblige, Mediapart a rencontré de jeunes élus, souvent non-cumulards, qui rêvent de légiférer vraiment.
Le Sénat a définitivement adopté une reconnaissance partielle du vote blanc, à partir des prochaines européennes. Ils seront comptabilisés indépendamment des bulletins nuls, mais sans être inclus dans les suffrages exprimés. C'est un acte symbolique qui ne va pas résoudre à lui seul la crise démocratique.
Grâce à l'effort de transparence mené sur les « fonds secrets » de l’Assemblée nationale, tout le monde peut désormais constater l’aberrant saupoudrage de subventions que s’autorisent les représentants de la nation, réduits à de vulgaires barons locaux.
Alors que deux soldats français sont morts à Bangui, les députés ont discuté mardi de l’intervention militaire en Centrafrique. Mais sans véritable débat : seul le Front de gauche critique frontalement l’opération « Sangaris ».
Celui qui avait lancé l’alerte dès 2008 sur l’existence d’un compte suisse de Jérôme Cahuzac, réclame officiellement la révision du rapport de la commission d'enquête parlementaire. Il dénonce des passages « mensongers » et « diffamatoires » à son encontre. « Si j’ai fait des erreurs, je suis tout à fait prêt à les reconnaître », assure le rapporteur de la commission.
Hervé Morin, député UDI, Jean-Marc Germain, député PS, Philippe Houillon, député UMP, tous trois membres de la commission d'enquête parlementaire qui vient de rendre son rapport, sont revenus sur les zones d'ombre qui perdurent dans l'affaire Cahuzac.
On trouve désormais de tout chez les députés socialistes, de celui qui voit dans les reculs du gouvernement un « courage remarquable » à ceux qui font « le dos rond » et se mettent des « œillères », en passant par ceux qui souhaitent un « remaniement resserré », pour que l'enjeu des européennes ne soit pas « de savoir si on va faire un score à deux chiffres ».
Mediapart détaille les conclusions du rapport publié mardi. Un pavé de 800 pages qui laisse le lecteur sur sa faim. Que savait l'exécutif, en particulier Hollande ? Pourquoi un tel attentisme à la tête de l'État l'hiver dernier après nos révélations ? Le mystère reste entier.
Au parlement, le projet de loi sur la transparence va bientôt faire apparaître les emplois discrètement occupés par les épouses, les enfants, etc. D'après nos informations, la femme de Bruno Le Maire, artiste-peintre, a été rémunérée plusieurs années sur un poste de collaboratrice à temps plein. Difficile de savoir ce qu'elle y faisait concrètement.