Les textes de Jean Meckert ne sont pas sans lien avec le virage à gauche du polar qui marque en France les années 1970 et 80. De ce néo-polar au roman social, il reste une référence pour ceux qui s'obstinent à penser que le monde du travail ne doit pas être tenu à l'écart de la littérature.
À la rentrée littéraire 2017 paraissait Le Presbytère, un premier roman très singulier, construit à partir d’audiences de procès ayant trait à des abus sexuels commis dans les années 1970. Mais au-delà des faits et de leurs enjeux sociologiques, son auteure Ariane Monnier saisit par la puissance de son écriture, tout en retenue et en délicatesse. Article, entretien, extraits.
L’auteur algérien, qui publie Le Livre d’Amray aux éditions Zulma, compose un chant poétique et nostalgique, et explore les douleurs du passé. L’art apparaît comme l’échappatoire à toutes les horreurs qui ont assailli la terre algérienne, jamais évoquée nommément.
Jean Meckert n'est pas l'homme des choix faciles. C'est en pleine Occupation qu'il décide, après les bonnes critiques de ses deux premiers romans parus dans la collection blanche de Gallimard, de ne vivre que de sa plume. Mais dès 1950, Meckert constate que « dans ce monde fermé [de la littérature], on ne peut entrer qu'en courbant l'échine ».
Puisque l'on commémore le 200e anniversaire de la naissance de Karl Marx, je m'autorise à raconter comment j'ai découvert son œuvre, dans les turbulences joyeuses de ma vie d'étudiant au lendemain de 1968 ; et comment, ensuite, j’ai souvent déploré que la référence à Marx soit taboue, au moment même où le capitalisme devenait gravement inégalitaire.
Un livre gorgé de rage et d’amour nous invite à un exercice de fiction spéculative : les révolutions de 2011 ont réussi et ont semé la révolte au-delà de leurs frontières. La France a basculé dans l’insurrection et renversé le pouvoir en place. Dix ans après, où en sommes-nous ? Bâtir aussi raconte un futur possible de nous-mêmes.
À gauche, Marx n’est plus une référence aussi incontournable que par le passé. Pour autant, ni lui ni les questions qu’il a laissées pendantes n’ont été effacées. L’une d’elles concerne l’organisation des partisans d’une sortie du capitalisme : quels groupes sociaux mobiliser, avec quelle stratégie et au sein de quelles structures ?
Jean Meckert serait aujourd’hui presque totalement inconnu sans le travail des éditions Joëlle Losfeld, qui ont réédité dix ans après sa mort six titres de cet écrivain prolifique. Prolétaire et fier de l’être, anar de conviction de cœur et de vie, Meckert n’a pas pris une ride.
Sortie ce mercredi du troisième long métrage de l’Américain David Robert Mitchell. Boudé à Cannes, Under the Silver Lake lance un jeune homme désœuvré dans le dédale de Los Angeles. Rébus, nymphettes, refrains et messages secrets : un beau film sur les mystères et les charmes de la culture populaire.
Dans la bande dessinée Morts par la France, Pat Perna et Nicolas Otero, tandem journaliste-dessinateur, retracent l’enquête de l’historienne Armelle Mabon sur le massacre de Thiaroye, au cours duquel des centaines de tirailleurs africains ont été fusillés par l’armée française le 1er décembre 1944. Indispensable.
Avec son dernier roman, Elsa Osorio embarque le lecteur dans une enquête haletante, qui ravive la mémoire tragique de la dictature militaire en Argentine.
La controverse est toujours vive sur ce que Marx et les marxistes peuvent apporter à l’écologie politique. Razmig Keucheyan et Fabrice Flipo en débattent en vidéo pour Mediapart.
En conclusion de notre série sur la chanson Bella Ciao, Mediapart s’est entretenu avec Santo Peli, professeur à l’université de Padoue et spécialiste de l’histoire de la Résistance italienne, notamment sur l’héritage embarrassant de la période fasciste (1922-1945) aujourd’hui.
Comment apprendre aux enfants à désobéir ? Je veux ce gâteau !, publié en mars 2018 par Little Urban, apporte une réponse pleine d’humour à cette grave question. Un album aux illustrations éclatantes, qui rappelle que les cas de conscience surviennent dès l’enfance.
Marie-Anne Matard-Bonucci revient sur la banalisation choquante dont a fait l’objet le régime fasciste italien ces jours-ci à Rome. À travers plusieurs exemples (l’usage de la violence, la transformation de la langue), elle insiste sur sa dimension totalitaire.
En s’inspirant de Marx mais en prenant des libertés avec son appareil théorique, des féministes ont mis en évidence un rapport social de sexe, irréductible à la domination du capital. Séparant et hiérarchisant hommes et femmes, il n’est cependant pas figé et fonctionne toujours en « imbrication » avec d’autres rapports sociaux. Troisième volet de notre série d’été sur Marx.