Mediapart publie le rapport confidentiel des consuls européens à Jérusalem et Ramallah. Selon ce texte, la situation sur place n’a jamais été aussi menaçante depuis 1967. Si la politique de colonisation et de discrimination menée par Israël se poursuit, les bases mêmes d’une solution pacifique seront détruites. Pourtant, l’Europe ne semble pas entendre les mises en garde de ses diplomates.
Comment peut-il encore tenir ? Pourquoi ce petit État, coincé entre Israël et la Syrie, où débordent tous les tumultes d'un Proche-Orient ravagé par les conflits, n’a-t-il pas sombré à son tour ? Le Liban, radicalement transformé par six ans de guerre à ses portes et l’afflux massif de réfugiés, fait front. Mais ce « miracle » sous-estime les mutations aussi rapides que violentes qu’a connues le pays, de la plaine de la Bekaa au Sud-Liban en passant par la capitale, Beyrouth. C’est cette nation en équilibre sur un fil qu’ont arpenté nos envoyés spéciaux.
Arrêtée à l’été 2016 sur des accusations de sédition terroriste, l’écrivain et journaliste turque Asli Erdogan est devenue le symbole des milliers de victimes des purges menées par Ankara. Relâchée fin décembre, après 133 jours de détention, elle revient sur les conditions de son emprisonnement et une liberté au goût amer.
Dans son dernier ouvrage, Gilbert Achcar examine les raisons des échecs des soulèvements arabes. Il en tire quelques leçons stratégiques nécessaires pour envisager un « changement radical social et politique » plutôt que « l’aggravation du choc des barbaries ».
En six ans de guerre, peu de crimes ont été épargnés aux Syriens. Massacres, tortures, bombardements, armes chimiques… L’un d’entre eux reste encore passé sous silence : le viol des enfants. Dans les geôles du régime, aux check-points ou durant les raids, les filles et garçons des opposants, les très jeunes révolutionnaires, sont abusés dans le chaos et l’impunité la plus totale. Cette enquête est publiée dans le cadre de l’opération « Zero Impunity ».
Personne n’en voulait mais elles sont omniprésentes. Les milices chiites participent à la bataille de Mossoul, la grande ville sunnite tenue par l’État islamique. Elles sont soutenues et encadrées par l’Iran, et leur montée en puissance complique l’offensive militaire sur la ville. Surtout, leur puissance va avoir des conséquences politiques majeures pour tout l’Irak.
La conférence internationale organisée ce 15 janvier à Paris s’est tenue sans les principaux intéressés, Netanyahou, qui a refusé avec constance d’y participer, malgré les concessions de François Hollande, et Abbas, décommandé par l’Élysée à la dernière minute. Elle n’a abouti à rien.
Les députés turcs ont entamé les débats sur un projet de réforme constitutionnelle qui étend considérablement les pouvoirs du président, tout en réduisant la capacité de contrôle du parlement et des juges. Le texte, taillé sur mesure pour Erdogan, donne des sueurs froides aux plus grands juristes du pays.
L’image de la combattante kurde est devenue l’icône « bankable » de la lutte contre l’État islamique. Mais derrière ce cliché se trouve une réalité bien plus sombre : mutilations, mariages forcés, abandons.
La condamnation pour homicide du soldat franco-israélien qui a abattu un Palestinien gisant au sol montre les contradictions d’une société israélienne éprouvée par le conflit et rongée par la tentation de l’ultranationalisme.
Dans un enregistrement sonore aux mains de la justice, le premier ministre israélien et un magnat de la presse négocieraient une couverture favorable en échange d’avantages financiers.
La “réforme” de l’islam semble aujourd’hui davantage une injonction ou une incantation qu’un véritable projet. Les intellectuels de la Nahda (« renaissance arabe »), parmi lesquels Abd al-Rahman al-Kawakibi, avaient pourtant conçu une articulation entre politique et religieux, qui pourrait bien s’avérer utile pour penser les nœuds contemporains. Entretien.
En revendiquant l’attaque meurtrière menée durant la nuit du réveillon, Daech confirme que les opérations militaires turques dans le nord de la Syrie touchent désormais ses intérêts vitaux et que, à moins d’un retrait des troupes d’Ankara, il poursuivra en sol turc une guerre asymétrique aux conséquences potentiellement dévastatrices pour la Turquie.
La guerre au Yémen dispose de tous les ingrédients pour être une poudrière et le tombeau des espoirs de changement dans le monde arabe, tout comme celui du droit humanitaire international.
À la tête d’une coalition ultradroitière, le premier ministre israélien est accusé d’être devenu « incontrôlable ». Alors qu’il a été interrogé à deux reprises en une semaine dans une enquête judiciaire pour corruption, les appétits de ses adversaires s’aiguisent.
Entamée en fanfare, l’offensive contre l’État islamique est désormais embourbée dans l’immensité de la deuxième ville d’Irak, où les victimes civiles et les pertes militaires s’accumulent. L’accès des journalistes étrangers a été drastiquement restreint, tandis que les soldats américains sont de plus en plus présents au sol.