Pour avancer à tout prix dans les quartiers de l’ouest de la ville encore tenus par l’État islamique, les forces irakiennes font de plus en plus appel aux bombardements aériens de la coalition menée par les États-Unis. Son commandant en chef vient de reconnaître qu’une frappe avait provoqué la mort de plus de 140 civils. L’armée française dément être impliquée. Sur place, les témoignages abondent sur d’autres bombardements et font état de centaines de victimes.
Le gouvernement israélien a approuvé à l'unanimité, jeudi 30 mars, la création d'une nouvelle implantation juive en Cisjordanie, dans le secteur d'Emek Shilo, une première depuis 1999. Dans les quartiers palestiniens de Jérusalem-Est, des organisations juives achètent des maisons depuis plusieurs décennies. Une entreprise qui éloigne chaque jour un peu plus la perspective d’une solution à deux États.
Des dizaines de rapports confidentiels, révélés par Mediapart et ses partenaires du réseau de médias européens EIC, démontrent que les responsables religieux et les diplomates turcs ont espionné dans le monde entier les sympathisants supposés de la confrérie Gülen, accusée par le président Erdogan d'avoir fomenté le coup d'État manqué de juillet 2016. Au moins trente-huit pays sont concernés, dont la moitié des États de l'Union européenne.
À deux mois de l’élection présidentielle, le régime iranien veut étouffer les multiples affaires de corruption qui le menacent. Dernier épisode : la condamnation à six mois de prison ferme de Faezeh Rafsandjani, la fille de l’ancien président qui fut l’un des fondateurs de la République islamique. Partisane de réformes, cette ancienne parlementaire ne cesse d’embarrasser les autorités.
Si les retournements d’alliance et les trahisons sont des lieux communs de la politique, rarement un dirigeant aura autant fait le vide autour de lui que l’actuel président turc, Recep Tayyip Erdogan. Retour sur l’ascension du maître de la Turquie en dix « cadavres ».
Sondages en demi-teinte, opinions critiques d’anciens compagnons de route relayées par la presse… Des craquements se font entendre dans le parti de Recep Tayyip Erdogan avant le référendum du 16 avril, qui doit élargir ses pouvoirs présidentiels déjà considérables. Mais l’apparition d’une véritable opposition interne n’est pas pour aujourd’hui.
Après cinq mois de combats, les forces irakiennes appuyées par l’aviation américaine se fraient un chemin coûte que coûte dans l’ouest de Mossoul, vers sa vieille ville étroite et surpeuplée, encore tenue par les djihadistes de l’État islamique. Mardi 14 mars, une frappe aérienne a tué 26 civils. Ils s’ajoutent à des centaines de victimes « collatérales » déjà documentées, alors que près de 100 000 personnes ont fui la zone. Reportage à Mossoul de notre envoyé spécial.
Les Kurdes syriens du PYD viennent d’annoncer un accord avec Moscou et Damas, laissant l’armée de Bachar al-Assad se déployer près de Manbij. L’accord illustre la complexité et les revirements d’alliances pour le contrôle futur des territoires syriens.
L’hostilité de l’administration Trump et le « Muslim Ban » du président américain permettent aux factions conservatrices iraniennes de reprendre la main. Si le sort du président « réformiste » Rohani n’est pas encore scellé, son camp est affaibli, en particulier depuis la mort de Rafsandjani en janvier. Et les réformes sont aujourd’hui à l’arrêt. Explications.
Deux mois après la chute d’Alep, les perspectives d’une résolution du conflit syrien sont plus lointaines que jamais, tandis que la situation sur le terrain poursuit sa déliquescence. La conférence d’Astana en janvier a marqué l’effacement de l’opposition politique. La conférence de Genève qui débute le 23 février pourrait encore renforcer le rôle des parrains de Damas.
À quelques jours d’un nouveau round de négociations sur la Syrie à Genève, Abdelahad Astepho, un des principaux responsables de l’opposition syrienne, évoque les difficultés de son mouvement après la chute d’Alep, face aux groupes djihadistes revigorés, une diplomatie russe agressive et un département d’État américain aphone pour cause de séisme présidentiel.
Lors de leur rencontre à Washington, Trump et Netanyahou ont semblé abandonner l'idée de deux États, palestinien et israélien, vivant côte à côte. Qu'est-ce que cela implique ? Entretien avec l’historien Vincent Lemire.
Fawwaz Traboulsi, figure de la gauche et de la scène intellectuelle au Liban, évacue les lieux communs sur le « miracle » libanais ou le système confessionnel, pour exposer les fragilités cachées et les fonctionnements concrets d’un pays dont des pans entiers sont en train de s’effondrer, en dépit de la « résilience » vantée par ses habitants.
Ces dernières années, la famille du gendre de Donald Trump, l’ambassadeur en Israël nommé par le président américain ainsi que le milliardaire lui-même ont versé des centaines de milliers de dollars à des colonies juives en Cisjordanie.
Le parti chiite, à la fois milice combattante impliquée en Syrie et organisation confessionnelle implantée au Liban, est devenu la principale force politique du pays et une véritable puissance régionale. Il se sert de cette force pour passer des alliances avec ses anciens ennemis et garantir les intérêts iraniens. Mais le Hezbollah s’interroge sur l’après-Syrie.
Mediapart publie le rapport confidentiel des consuls européens à Jérusalem et Ramallah. Selon ce texte, la situation sur place n’a jamais été aussi menaçante depuis 1967. Si la politique de colonisation et de discrimination menée par Israël se poursuit, les bases mêmes d’une solution pacifique seront détruites. Pourtant, l’Europe ne semble pas entendre les mises en garde de ses diplomates.