Jeff : ainsi appelait-on Joseph Kessel. Jeff aimait la fête, la dépense, le monde… Il voulait donner à voir et à sentir par les mots. Homme engagé dès 1932 en Allemagne, il a compris ce qui arrivait à l’Europe. Les deux tomes de la Pléiade et quelques autres livres parus début juin donnent à connaître un homme dont la devise dit tout : « Plus long le chemin, plus riches ses promesses. »
Écrire des « mythologies » et des « lieux de mémoire » postcoloniaux. C’est à ce projet ambitieux que se sont attelés Étienne Achille et Lydie Moudileno, avec une volonté politique et historique qui résonne avec les mobilisations raciales contemporaines. Entretien.
Étudiant la stratégie d’« élévation de la race » par le sport prônée par l’élite noire étatsunienne et rejetée ensuite par le Black Power, un livre inscrit la lutte des corps noirs dans une histoire profonde qui permet de saisir certains tiraillements actuels.
Plusieurs ouvrages remettent sur le métier le vieux débat concernant les mérites comparés de l’abstention et de la participation aux élections. Entre défense désenchantée du vote comme outil de « paix civile » et dissidence volontaire au profit d’autres engagements, passage en revue des arguments échangés.
Assistant du philosophe Paul Ricœur lors de l’écriture de La mémoire, l’histoire, l’oubli, le président de la République semble avoir oublié les leçons de ce livre de référence. Car la « réinvention » qu’il n’en finit pas de promettre ressemble de plus en plus à une crispation identitaire.
Zeev Sternhell était un survivant du génocide nazi, un vétéran des guerres d’Israël, un historien spécialiste du fascisme et un combattant de la paix avec les Palestiniens. Depuis quelques années, il ne cessait de mettre en garde ses compatriotes sur la fin de la démocratie en Israël.
Disparu ce 21 juin à 85 ans, l'historien israélien Zeev Sternhell était devenu la bête noire des études historiques officielles françaises, après la parution, en 1983, de son Ni droite ni gauche. L’idéologie fasciste en France.
En 1970, Shulamith Firestone publie La Dialectique du sexe : elle a 25 ans, et c’est une célébrité. Mais la théoricienne et activiste féministe étouffe. Presque trente ans plus tard, dans Airless Spaces, elle raconte un monde asphyxié. La jeune maison d’édition Brook vient d’en éditer une traduction sous le titre de Zones mortes.
Il y a un an, SUD-Solidaires avait invité artistes, chercheurs ou militants à suivre les 41 jours du procès qui a établi l’existence d’un « harcèlement moral institutionnalisé » dans l’entreprise. Ces chroniques sont réunies dans un livre, réussi.
Retour sur la cérémonie du Mont-Valérien, l’un des sauts de puce, entre les Invalides et Londres, accomplis par le président de la République Emmanuel Macron pour accaparer, en ce 18 juin, l’aura et la mémoire du général de Gaulle.
Les opposants au régime chinois entonnent depuis près de cinquante ans un de ses poèmes en signe de révolte. Avec S’ouvrent les portes de la ville, l’écrivain Bei Dao revient sur son enfance dans le Pékin de la Révolution culturelle.
Michel Onfray se revendique de Pierre-Joseph Proudhon pour ses combats politiques. Mais quelle est la valeur de cette revendication ? Et comment alors comprendre le rapprochement avec la droite souverainiste ? Tentatives de réponse.
Les premiers livres à survoler la pandémie arrivent, avec BHL en chef d’escadrille (Ce virus qui rend fou, Grasset). Nous avons opté pour un pilote moins convenu : Ivan Krastev, auteur de Est-ce déjà demain ? Le monde paradoxal de l’après-Covid-19.
Le Grand Meaulnes en Pléiade. On pourrait s’étonner qu’il n’y fût pas encore. Mais on s’étonne peut-être encore plus qu’il y entre au moment même où il cesse d’être un classique.
La place de la République à Paris offrait une unité de lieu, de temps et d’action aux chaînes d’information en continu. Ignorant cette perche, elles ont chaussé leurs œillères pour proposer une mise en récit délirante, éculée, mais symptomatique.
À l’heure d’une nouvelle manifestation antiraciste en France et alors que des statues sont déboulonnées car « les idoles des uns sont les génocidaires des autres », le philosophe Norman Ajari appelle à sortir « du fétichisme de la République ».