Peu de films racontent l’extrême droite en France. Le formidable documentaire d’Étienne Chaillou et Mathias Théry La Cravate, actuellement à l’affiche, parvient à déjouer les traditionnels écueils sur un tel sujet.
L’affaire Matzneff met au jour la vérité des faits, mais elle révèle aussi une vérité des textes. Alors que les livres pédocriminels ont longtemps joui d’un accueil bienveillant, il faut rappeler que qui s’occupe de littérature ne peut pas se dispenser de s’intéresser à la réalité de ce qu’elle dit et de ce qu’elle fait.
Le puissant film de Ladj Ly autour d’une bavure policière multiplie les clins d’œil à l’auteur des Misérables et prend même le parti de se conclure sur une citation de Victor Hugo. Au risque de sombrer dans un catéchisme républicain d’un autre âge.
Confrontés à des villes terriblement dangereuses ou à l’exil, les jeunes artistes afghans dénoncent le crime, l’injustice et la barbarie à travers des œuvres résolument modernes. Une exposition leur est consacrée au Mucem de Marseille.
Tout destinait Betty à devenir « une gentille femme amicale un peu distraite ». Elle parvient à fuir ce qui l'avait entravée. Le roman de Marlen Haushofer Une poignée de vies, publié en 1955, vient d’être finement traduit en français.
Ce livre tombe à point alors que Macron et une majorité de députés prétendent faire de l’antisionisme un nouvel antisémitisme. Retraçant l’histoire de la communauté juive française, le journaliste Charles Enderlin documente comment le franco-judaïsme est devenu un franco-sionisme.
Le film de Mathias Théry et Étienne Chaillou, qui sort en salle ce mercredi 5 février, retrace le parcours d’un jeune militant picard du FN pendant la présidentielle de 2017 et offre un tableau saisissant du fonctionnement interne du parti.
Marie Cosnay a récemment traduit L’Énéide, une histoire de migrants sur la Méditerranée. Avec If, dont le récit se situe entre la France et l’Algérie, elle poursuit l’exploration de personnages entre deux rives. Entre fiction et documentaire, le texte prend la forme d’une enquête à la poursuite d’un homme disparu.
Il faut combattre mais aussi penser le coronavirus. Quatre chercheurs, historiens de la santé et des crises sanitaires, géographe ou philosophe, nous aident à le faire.
Deux livres écrits par des élèves de l’islamologue Gilles Kepel établissent, en dépit de biais idéologiques et de problèmes méthodologiques pour l’un d’eux, que la France est loin d’en avoir fini avec le salafisme et le djihadisme, qui se restructurent aujourd’hui dans les prisons françaises.
L’éviction du prince Harry et de son épouse Meghan de la « firme » – le nom qu’aime à se donner la maison royale britannique – apparaît métaphorique du darwinisme social induit par le Brexit : chacun pour soi et le fric pour tous !
La victoire historique de Boris Johnson aux élections législatives du 12 décembre 2019 clôt provisoirement le cycle politique du Brexit. Celui que les médias avaient surnommé « BoJo le clown » est devenu premier ministre. Une victoire qui doit beaucoup à son principal conseiller, Dominic Cummings, le stratège de la campagne du « Leave », désormais installé au cœur de la machine d’État britannique.
Depuis bientôt un an, les écrans des smartphones comme des chaînes d’information ont été envahis de foules en colère, de Santiago à Beyrouth en passant par Alger. Ce « peuple des images », à la fois surveillé et glorifié, constitue le sujet du festival Hors Pistes au Centre Pompidou.
« Papa », roman de Régis Jauffret, procède d’un renversement absolu de la posture d’écriture à laquelle l’auteur nous avait habitués, à laquelle il s’était lui-même habitué. Il lui a suffi de voir, à la télévision, en septembre 2018, un documentaire consacré à la police de Vichy et le visage terrorisé de son père, un jour d’été 1943. Une apparition.
Franck Riester incarne la vacuité dans une France sur les nerfs. Les forces de l’esprit et le pouvoir de l’imaginaire ont déserté, au profit d’un représentant de commerce qui se fait porter pâle. Fâcheux.
Les puissants n’ont pas de mots assez durs pour qualifier la méchanceté des réseaux sociaux : on ne peut plus rien dire, on ne peut plus rire de tout parce que les gens s’offusquent à tout bout de champ mais paradoxalement, ils ricanent aussi d’un rien. Le problème, ce n’est donc pas le rire mais bien davantage ses cibles.