Les puissants n’ont pas de mots assez durs pour qualifier la méchanceté des réseaux sociaux : on ne peut plus rien dire, on ne peut plus rire de tout parce que les gens s’offusquent à tout bout de champ mais paradoxalement, ils ricanent aussi d’un rien. Le problème, ce n’est donc pas le rire mais bien davantage ses cibles.
Dans un entretien à Mediapart, l’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault dévoile le cahier des charges de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, qu’il préside depuis novembre. Une nouvelle étape dans la récupération de ce passé douloureux en France.
Il a 29 ans, on sait très peu de choses de lui, sauf qu’il décide de quitter le domicile qu’il partage avec sa mère, de marcher tout droit jusqu’à s’effacer du monde. Dans La Longue Marche, le romancier turc Ayhan Geçgin s’attache à montrer que « résister au monde n’est peut-être pas si facile que ça ».
Dans son dernier livre, l’historien Johann Chapoutot montre comment la réflexion sur la conduite des hommes a été au cœur de la machine nazie, avant de trouver une reconversion après guerre. « Paradoxalement », note-t-il, des idéologues du IIIe Reich ont développé « une conception du travail non autoritaire, où l’employé et l’ouvrier consentent à leur sort et approuvent leur activité ».
L’inversion du stigmate est une technique de lutte bien connue des minorités ; c’est le principe de la Gay Pride. Le livre de Rebecca Makkai, qui raconte le sida dans le Chicago du milieu des années 1980, choisit une autre voie : prendre une population stigmatisée dans les filets d’un roman grand public pour en faire une histoire commune.
Dans un livre ambitieux, Abondance et liberté, le philosophe Pierre Charbonnier appelle à sauver le projet démocratique en le découplant de notre mode de vie destructeur. La tâche est immense, tant nos imaginaires et nos institutions ont été marquées par le pacte entre croissance et autonomie.
Depuis une trentaine d’années, le cinéaste Rithy Panh construit une œuvre-témoignage, une « proposition artistique », aime-t-il à dire : une vingtaine de films, des dizaines de milliers de photos, des livres. Rescapé du génocide perpétré au Cambodge par les Khmers rouges (1975-1979), il publie ces jours-ci son troisième texte, cosigné avec le romancier Christophe Bataille.
Si les réseaux sociaux sont devenus si populaires, explique la chercheuse américaine Sarah T. Roberts, c’est en se posant en supports d’une liberté d’expression sans limite. Cette promesse n’a jamais été tenue et la modération est devenue une industrie mondialisée.
« Comment articuler une critique du racisme et du racial qui ouvre la porte à l’espérance ? », s’interrogeait récemment le philosophe Achille Mbembe. Sortir de l’impasse suppose des choix stratégiques et politiques qui entrent parfois en collision, mais se cristallisent autour de quatre objets : l’identité, l’autonomie, la réparation et le rapport entre minorités et majorité.
En se concentrant sur des éléments qu’on néglige d’ordinaire, Trois Jours dans la vie de Paul Cézanne, de Mika Biermann, et Trois Réputations, de Jérémie Gindre, illustrent l’art de la forme brève pour dire une vie.
Camps de regroupement, logements du « plan de Constantine », ville nouvelle non loin d’Alger pour les fonctionnaires français… Entretien avec l’historienne Samia Henni, qui dresse l’inventaire saisissant, dans un livre récent, de ce que le pouvoir colonial a bâti sur le sol algérien durant les années de guerre, entre opérations politiques et militaires.
Les espèces menacées ne disparaissent pas, elles préparent en secret leur revanche sur les humains. Regroupés sur le continent de plastique, les animaux en voie d’extinction viennent grossir les rangs de « La Meute », un projet lancé il y a des années par un dodo pour combattre l’humanité. Pour retrouver les précédents épisodes, cliquer ici.
Pièces de théâtre, expositions, recettes de cuisine : la culture est devenue le territoire de polémiques autour de la prise en compte des identités ethniques, formulées en termes d’« appropriation culturelle » ou de « censure minoritaire ». Parce que la culture constitue l’autre champ de la représentation – et de ses failles – avec la politique ? Ou parce que la race se dit désormais en termes « culturels » ?
Les espèces menacées ne disparaissent pas, elles préparent en secret leur revanche sur les humains. Regroupés sur le continent de plastique, les animaux en voie d’extinction viennent grossir les rangs de « La Meute », un projet lancé il y a des années par un dodo pour combattre l’humanité. Pour retrouver les précédents épisodes, cliquer ici.
Mal connue en France, Ursula K. Le Guin est une star mondiale de la science-fiction. Mais c’est aussi une merveilleuse théoricienne pour penser ici et maintenant. Danser au bord du monde, ou quand une écrivaine féministe de fantasy nous apprend à construire des histoires inédites.