Pour Antoine Gallimard, « l’antisémitisme n’est plus du côté des chrétiens mais des musulmans ». Sur quoi se fonde cette vulgate de plus en plus répandue ? Et les gauches ont-elles perdu leur radar sur le sujet en raison d’œillères sociologiques ou idéologiques ?
On connaît le talent de Sebastian Barry pour raconter des existences irlandaises allant à contre-courant des grands mouvements ou des récits historiques. Dans Des jours sans fin, il s’intéresse au parcours de deux jeunes gens faméliques confrontés aux atrocités du XIXe siècle américain : le massacre des Indiens et la guerre de Sécession.
Certaines gauches en France sont régulièrement accusées de complaisance envers l’antisémitisme. Insulte infamante venant d’adversaires politiques et d’institutions juives droitisées, ou constat que ces gauches sont parfois mal équipées, voire peu motivées pour prendre en charge l’hostilité contemporaine envers les juifs ?
À la suite de la publication, le 3 février, de notre article «La Cinémathèque pose une chape de plomb sur la question des violences sexuelles», nous avons reçu une très longue lettre de son directeur général, Frédéric Bonnaud, que nous publions dans son intégralité.
Les 16 et 17 mars prochains, toute l'équipe vous convie à participer à l'anniversaire de nos dix ans. Le programme de cet événement est détaillé par Edwy Plenel.
De récents cas mémoriels, Céline, Maurras et Chardonne, nous invitent non à patauger dans un passé nauséabond ni à le censurer, mais à l'examiner. Cap au pire, en toute connaissance de cause, avec recul critique et débat démocratique !
En ce mois de février 2018, la République française s’honorerait de commémorer la Retirada, cet exil massif de ceux qui, fuyant Franco, furent internés dans des camps de la IIIe République puis de Vichy, avant de participer à la Résistance et à la reconstruction du pays.
Fin janvier, lors d’un débat avec un réalisateur lituanien, une spectatrice a été privée de parole après l’avoir interrogé sur des accusations d’agressions sexuelles. L’institution refuse toute confusion entre un créateur et son œuvre et se fait le porte-drapeau de ceux pour qui la libération de la parole sur les violences sexuelles porte un danger de censure.
L’histoire du prêtre et ambassadeur Nsaku Ne Vunda, né en Angola en 1583 et mort au Vatican en 1608, se prête à toutes les appropriations idéologiques. C’est tout le contraire que propose avec brio Un océan, deux mers, trois continents, un récit de Wilfried N’Sondé.
Dans « Enquête au paradis », le cinéaste algérien Merzak Allouache interroge la vision qu’ont du paradis des anonymes et des célébrités dans une Algérie bigote, notamment cette inégalité chère aux fondamentalistes d’un au-delà promettant 72 vierges aux hommes et rien aux femmes. Entretien avec l’actrice Salima Abada, rôle principal du film.
Zoom sur la disparition du documentariste José María Berzosa (1928-2018). Ce sera la seule nécrologie de la presse française. Mais une nécrologie animée, revivifiante, refondatrice, programmatique et révolutionnaire. À vos mirettes !
La Bourse du travail de Paris a accueilli le 27 janvier une journée de réflexion, entre haine du travail tel qu’il est et désir de faire autrement. À l’heure de Deliveroo et Blablacar, les participants ont discuté des manières dont les nouvelles technologies, qui favorisent parfois l'exploitation de travailleurs précaires, peuvent aussi préparer les mobilisations de demain.
En Europe, des émissions de télévision ou des journaux en ligne sont créés dans la mouvance ou à l’initiative de mouvements de gauche, très critiques du paysage médiatique traditionnel. La France, l’Espagne et la Grande-Bretagne sont les laboratoires de ces expériences journalistiques nouvelles, notamment dans le monde audiovisuel.
Avec son livre intitulé Le plus beau métier du monde, l’anthropologue Giulia Mensitieri s’introduit dans les coulisses peu reluisantes de l’industrie de la mode. Et elle décrit un milieu à la pointe du nouvel esprit du capitalisme, dans lequel l’exploitation prend des formes inédites.
Entretien avec l’auteur de Tuff, qui défend une littérature jouant de l'hybridation des langues et du métissage des identités. Lui qui « n’aime pas les groupes, ni les institutions » se régale à « déjouer les attentes ».
Tuff, de Paul Beatty, raconte l’histoire de Winston « Tuffy » Foshay, jeune délinquant de Spanish Harlem, qui se lance dans la campagne pour un siège au conseil municipal new-yorkais. Un chef-d’œuvre polyphonique.