Auteur de best-sellers (Le Chat du rabbin ou Donjon), de romans passés inaperçus, réalisateur de films éreintés par la critique, créateur d’un cursus BD à l’École des beaux-arts de Paris, directeur de collection chez Bréal et Gallimard et tweetomane compulsif, Joann Sfar est partout. Figure emblématique de la « nouvelle » bande dessinée française, il est aussi devenu une figure publique. Une enquête de la Revue du Crieur, dont le no 9 sort aujourd’hui en librairie et Relay.
Le cinéaste Gilles Perret a suivi le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon lors des derniers mois de la campagne présidentielle de 2017. Résultat : un portrait dont l’empathie assumée n’empêche pas que se glissent quelques interrogations.
« Tant que j’écris je me sens protégé. Je suis protégé », confesse l'écrivain Grégoire Bouillier. Dans le second volume de son immense Dossier M, le lecteur retrouve les niveaux, les galeries, les souterrains, une architecture très pensée, qui permet de relier ces 1 700 pages entre elles, suivant une chronologie intérieure qui n’est pas celle du calendrier.
Jacob Rees-Mogg en possible premier ministre de Sa Majesté pour remplacer Theresa May ? Aperçu d’un dévot devenu héros pour des suppôts survoltés, par la grâce d'un fascinant facho-libéralisme patricien.
Alors que le trafic de drogue vient d’être intégré dans le calcul du PIB, les éditions Amsterdam publient une passionnante histoire sociale de l’héroïne. Ses auteurs dénoncent le traitement exclusivement répressif de cette drogue par les autorités françaises, tandis qu'elle aurait été responsable de la mort d'environ 40 000 personnes en cinquante ans.
Les Anciens sont de retour. L’actualité témoigne d’un regain d’intérêt pour les épopées d’Homère ou d’Ovide. Qu’est-ce que ce retour signifie ? Est-ce le signe d’une quête des sources « gréco-latines » de l’identité européenne ? Ou une réaction à l’uniformisation culturelle et linguistique que favorise Internet ? Est-ce une arme pour les conservateurs ou un bond en avant vers l’altérité ?
Publiée depuis quelques décennies seulement en langue française, l’œuvre de la poète anglo-américaine Mina Loy (1882-1966) s’offre au bout du chemin d’une vie qui s’est sciemment écartée des conventions, y compris celles du milieu artistique auquel elle a appartenu, comme pour en préserver l’éclat absolu.
Reynolds Woodcock est un grand couturier anglais. Parfait, trop parfait. Comment parler de la perfection lorsqu’on l’a autant en adoration qu’en horreur ? Paul Thomas Anderson livre un essai de réponse avec Phantom Thread, huitième film secrètement torturé. Le dernier de Daniel Day-Lewis.
Désigné par une minorité des classes moyennes et supérieures redevables de l’impôt, le chef de l’État pousse l’érosion des principes républicains jusqu’aux limites de notre monarchie élective. Et si nous approchions de 1848 ? Et s'il y avait chez Charles Maurras comme du proto-Macron ?
En affirmant que l’antisionisme était « la forme réinventée de l’antisémitisme », Emmanuel Macron a endossé, de manière inédite, la rhétorique du Crif et de Netanyahou. A-t-il aussi mis le doigt sur un angle mort de certaines gauches propalestiniennes ? La polémique est ancienne, mais s’est violemment et récemment reconfigurée.
L’Étang est un bijou de la plus belle eau, mais elle n’est pas transparente : sous des dehors bucoliques, le livre brille d’un éclat inquiétant. Visite guidée et entretien avec l’auteure, Claire-Louise Bennett.
Directeur de la Cinémathèque, Frédéric Bonnaud nous avait adressé une longue réponse à notre article «La Cinémathèque pose une chape de plomb sur la question des violences sexuelles». Réponse dans laquelle il mettait en cause Anne Diatkine, journaliste à Libération. Celle-ci a choisi de lui répondre à son tour. Nous publions ce texte dans son intégralité.
Le dernier livre de Marceline Loridan-Ivens, L’Amour après, est celui de tous les paradoxes, et de toutes les libertés. D’Auschwitz à Saint-Germain-des-Prés, ce récit est intempestif : il fonde ce qui aide à vivre dans le dédoublement d’une personne face à un siècle dont elle n’a ignoré ni la violence ni les errances.
La diffusion sur Canal + de la seconde saison de « Baron Noir » s’achève lundi soir. Toujours passionnante, la série d’Éric Benzekri et de Jean-Baptiste Delafon, où François Morel interprète cette fois un double de Jean-Luc Mélenchon aux côtés de Kad Merad, peine à trouver le bon rapport entre fiction, politique et politique-fiction.
« Lorsque les enquêtés s’endorment, les sociologues ferment les yeux », laissant l’étude des rêves aux psychanalystes ou aux neurosciences. Faire de nos songes des instruments de compréhension sociale constitue l’ambition imposante du sociologue Bernard Lahire dans son dernier ouvrage. Entretien.