Cela a été les grands sujets oubliés de la bataille entre Suez et Veolia. Il n’a jamais été question de politique de l’eau, de préservation des ressources, de service public. Par sa position dominante, Veolia pourtant va se retrouver en situation d’imposer sa loi aux collectivités.
L’opération n’a aucun sens économique ou industriel. Pourtant, le démantèlement de Suez, géant de l’eau et des déchets, par son rival Veolia est en cours. L’exécutif a largement prêté main-forte à des intérêts privés dans cette prédation. Retour sur une histoire de haine, de pouvoir et d’argent.
Le secrétaire général de l’Élysée a refusé par deux fois de répondre à la convocation de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale pour expliquer son rôle dans l’OPA de Veolia sur Suez. Son refus conforte les soupçons dans ce dossier : Suez-Veolia est bien une affaire d’État.
Déjà au centre d’une polémique à cause de ses rémunérations pharaoniques, le PDG de l’entreprise, Cyril Linette, est mis en cause par l’un de ses prédécesseurs, Philippe Germond. Dans une lettre aux administrateurs, celui-ci pointe des « erreurs stratégiques » et estime que les résultats du PMU sont calamiteux.
La Caisse des dépôts et consignations prépare secrètement la cession de la société d’ingénierie Egis. La privatisation est doublement contestable : parce qu’elle va permettre à un fonds spéculatif de faire une galipette financière insensée ; parce que l’entreprise est un acteur important de la transition écologique.
Ils étaient fermés depuis des semaines, voire de longs mois. Les commerces, bars et restaurants ont repris du service, pied au plancher. À la joie des retrouvailles viennent se mêler quelques inquiétudes sur les stocks et la trésorerie. Reportage dans le centre-ville de Montpellier.
Malgré la crise sanitaire et le séisme social, les groupes du CAC 40 vont verser à leurs actionnaires des dividendes supérieurs à leurs profits, sous les encouragements du pouvoir. Les dérives de ce capitalisme financier soulèvent un débat majeur : comment en sortir ? La survie de la gauche dépend de la réponse qu’elle y apportera.
Les syndicats CFE-CGC et Sud de l’entité gaz de General Electric à Belfort attaquent en justice le groupe pour le contraindre à respecter les accords d’entreprise signés en 2019. L’État, qui s’était engagé dans ces accords, n’a rien fait pour forcer la multinationale à les appliquer.
Dix millions d’euros ! La révélation des honoraires touchés par Gérard Mestrallet comme médiateur entre Suez et Veolia crée l’inquiétude. Et voir un ancien président organiser le dépeçage de son groupe illustre un nouveau côté obscur de ce dossier.
À la suite de notre enquête sur les derniers rebondissements de l’affaire Atalian, nous avons reçu un droit de réponse de Franck Julien, qui conteste les témoignages évoqués dans notre article.
Soupçonné d’abus de biens sociaux et de faux en écriture, Franck Julien, qui préside la multinationale spécialisée dans le ménage industriel, s’était toujours dit victime de ses principaux cadres et dénonçait un complot. Des témoignages recueillis par la justice fragilisent partiellement sa défense. Il est présumé innocent. Nous publions également le droit de réponse qu’il nous a adressé.
Le président du groupe d’édition et de presse accepte de renoncer à la commandite qui lui assurait une totale impunité de gestion. C’était le point d’accord le plus facile à trouver entre Bernard Arnault et Vincent Bolloré, qui se disputent le contrôle du groupe depuis un an.
Alors que la France risque de connaître une vague historique de dépôts de bilan, le gouvernement choisit non pas de la contenir mais de la faciliter. « Les entreprises non viables n’ayant aucune perspective de survie devraient être liquidées le plus rapidement possible », édicte la directive européenne que le gouvernement va transposer avant le 22 mai par ordonnance.
Révoltés par le sort réservé à Suez, les syndicats CGT, CFDT et CTFC ont déposé plainte ce 22 avril pour trafic d’influence auprès du Parquet national financier. Ils attendent que la justice fasse la lumière sur l’OPA de Veolia, « orchestrée de bout en bout », selon eux.
Le fonds Ardian, censé devenir actionnaire du nouveau Suez, refuse de participer à l’accord de principe discuté et signé sans lui. Motif : le nouveau Suez ne serait pas en mesure de se développer. Sans Ardian, l’accord entre Suez et Veolia peut-il subsister ?
Alors que Saint-Gobain veut céder sa filiale Lapeyre à un fonds d’investissement allemand controversé, le cabinet d’expertise Altinea estime que l’offre de Cevital est la plus avantageuse. Mais ce groupe algérien, propriété du milliardaire Issad Rebrab, inquiète aussi.