Le groupe Lagardère est mort. Sans attendre l’avis des autorités de la concurrence, Vivendi a lancé une OPA sur le groupe de médias et de communication. Le nouvel ensemble va constituer une concentration horizontale et verticale d’une ampleur jamais égalée en France. Une puissance au service des vues et intérêts de Vincent Bolloré.
Censures, pressions, autocensures, offensives idéologiques : ce film d’enquête révèle comment l’information et le citoyen sortent perdants d’un système médiatique qui voit neuf milliardaires posséder 90 % des médias privés. À voir en avant-première mardi 15 février.
Notre documentaire « Media Crash » décrit un paysage audiovisuel dominé par une poignée de milliardaires, où censures, autocensures, pressions publicitaires, manipulations, instrumentalisation de la justice, barbouzeries sont légion. Les responsabilités sont nombreuses et partagées.
Qui a tué le débat public ? C’est la question que pose le documentaire « Media Crash » produit par Mediapart et Premières Lignes. Il sera disponible en avant-première mardi 15 février pour nos abonnés. Et le lendemain dans les salles.
Le parquet de Bobigny est intervenu pour demander la nomination d’un second liquidateur pour le groupe Tapie, lequel a aussitôt fixé un nouveau cahier des charges pour la vente du journal, avantageant Xavier Niel sur son rival Rodolphe Saadé.
Des écoutes judiciaires montrent que Vincent Bolloré a été renseigné à l’avance par le communicant Ramzi Khiroun sur le contenu d’une enquête de France 2 en 2016. Au même moment, le milliardaire était secrètement conseillé par Nicolas Sarkozy pour sa communication de crise.
Après avoir cédé 49 % de ses parts en 2019 au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, le banquier en cède à nouveau 49 % au patron de Free, qui devient l’actionnaire dominant du groupe de presse. En situation financière difficile, Matthieu Pigasse ne garde qu’une participation symbolique.
L’application de la directive européenne sur les droits voisins a entraîné un renforcement de la dépendance des grands médias à Google et Facebook, qui versent des millions d’euros aux grands titres de presse. Avec quelles conséquences pour l’information ?
L’audition du patron de LVMH par la commission d’enquête du Sénat sur la concentration des médias s’est déroulée de manière aussi calamiteuse que celle de Vincent Bolloré. La plupart des dangers qui pèsent sur l’indépendance et l’honnêteté de la presse ont été passés sous silence.
Loin de bousculer Vincent Bolloré, la commission d’enquête du Sénat sur la concentration des médias s’est montrée approximative et bavarde, mercredi, au lieu d’être rigoureuse et pugnace. L’homme d’affaires a pourtant tombé un peu le masque, laissant transparaître ses attaches nationalistes.
La journaliste Aude Lancelin, qui poursuivait son ancien employeur Le Média, a été déboutée de l’ensemble de ses demandes. Pour le conseil des prud’hommes, son licenciement était bel et bien justifié par une faute lourde. Son avocate va faire appel.
Un rapport de la mission d’information de l’Assemblée nationale sur la mise en œuvre des droits voisins demande que les accords conclus avec certains médias « soient rendus publics ». La prédation des plateformes sur la presse approcherait un milliard d’euros.
Déjà croqués par une poignée de milliardaires, les principaux journaux nationaux et régionaux, et même l’AFP, ont passé des accords secrets avec Google et Facebook, faisant des deux plateformes des acteurs majeurs de la presse, ce qui est lourd de dangers pour la qualité de l’information.
Sur TF1, le président de la République s’est arrogé le droit de tout récapituler, pour son bon peuple et en vue d’une saison 2. La ficelle était si grosse que l’émission, « Où va la France ? », permit au corps électoral de comprendre où les menait ce beau parleur.
Émaillé de violences, le premier meeting de campagne d’Éric Zemmour lui a permis de se poser en cible de la « meute » médiatique. Le candidat de l’ultradroite utilise la victimisation et des méthodes d’agit-prop qui ont déjà égaré les médias états-uniens lorsque Donald Trump a émergé. Il est urgent que les médias français prennent la mesure du piège immense auquel ils sont confrontés.
Travailler et enquêter sur l’extrême droite en France, c’est s’exposer à des menaces, du cyberharcèlement, des insultes et du dénigrement. Et dans un milieu très masculiniste, être une journaliste femme est un facteur aggravant. Dénoncer ce déferlement de haine par la voie de l’interpellation ou le canal judiciaire n’a rien d’évident.