Les député·e·s ont examiné, mercredi 3 et jeudi 4 juillet, la proposition de loi de la députée LREM Laetitia Avia. L’annonce de la création d’un parquet spécialisé dans la poursuite des auteurs de contenus dits « haineux » laisse la suppression de ces messages sous la seule responsabilité des « opérateurs de plateforme ».
L’examen de la proposition de loi « visant à lutter contre la haine sur Internet » a démarré mercredi à l’Assemblée nationale. Le texte confie aux « opérateurs de plateforme » le soin de retirer sous 24 heures tout contenu signalé comme « manifestement » illicite. Faute d’y mettre les moyens, une sanction pouvant aller jusqu’à 4 % de leur chiffre d’affaires mondial pourra être prononcée.
Comment les données personnelles peuvent-elles être retournées contre les plateformes de travail à la demande et utilisées comme moyen d’action collective ? C’est une des batailles de Paul-Olivier Dehaye, qui s’en est fait une spécialité. Mediapart l’a rencontré et interrogé sur l’écosystème des données, leur valeur, et sur la monnaie annoncée par Facebook.
Facebook et 27 autres partenaires lanceront une cryptomonnaie en 2020, le libra, un système qui privilégie la stabilité et l’usage commercial. Si son poids dans l’économie fait l’objet de fantasmes nettement exagérés, l’irruption de Facebook dans le marché des paiements pose la question des données personnelles.
Ces dernières années, de nombreux habitants de Seine-Saint-Denis se heurtent à une dématérialisation massive des services publics. Dans le département le plus pauvre de France, les travailleurs sociaux s’alarment d’une fracture numérique qui risque de creuser davantage les inégalités sociales.
Mediapart a déniché sur les réseaux sociaux des encarts publicitaires des conservateurs (PPE) comme des sociaux-démocrates (S&D) ciblant la France, où la réclame électorale n’est pourtant pas autorisée. Côté fausses nouvelles, « il n’y a pas eu de grande attaque de désinformation », se félicite la Commission européenne.
Au titre de la loi « fake news », deux élus ont demandé le retrait du tweet mensonger du ministre de l’intérieur, qui avait évoqué le 1er Mai une attaque de l’hôpital et l’agression de son personnel. Ils ont été déboutés.
Une enquête de Mediapart et du réseau The Signals Network retrace l’histoire d’un logiciel espagnol permettant de mener des opérations d’influence sur les réseaux sociaux. Son créateur affirme que le programme est tombé entre les mains de l’IRA, la « ferme à trolls » du pouvoir russe, accusée d’avoir mené une « guerre de l’information » pour favoriser Trump en 2016.
Entre le dépôt d’un projet de loi pour lutter contre « les messages haineux » sur Internet et le lancement de « l’appel de Christchurch » face au terrorisme en ligne, mercredi 15 mai, Emmanuel Macron veut réconcilier « technologie et bien commun ». Il s’inspire pour cela d’une loi allemande entrée en vigueur en octobre 2017. Dont voici le bilan.
Conservateur et nationaliste, le premier ministre Narendra Modi est en campagne pour sa réélection. Son parti, le BJP, est de loin le plus envahissant sur les réseaux sociaux, où la manipulation est devenue la règle. Avec une prime aux contenus les plus clivants.
Fausses infos, demi-vérités, manipulation des réseaux sociaux « déstabilisent les bases de la réalité sociale et politique », déplore Jayson Harsin, professeur de communication et spécialiste de la « post-vérité ».
Une étude du chercheur Baptiste Robert montre que LREM a tenté de manipuler le trafic sur Twitter, lors du premier meeting de Nathalie Loiseau, à l’opposé des discours présidentiels sur la régulation d’Internet.
En adoptant la directive sur le droit d’auteur mardi à Strasbourg, les députés européens transfèrent aux entreprises du Web la responsabilité de s’assurer que les utilisateurs, en l’occurrence les internautes qui publient des « contenus », respectent la législation. La voie vers une censure privée que seuls les géants américains auront les moyens d’exercer, dénoncent les opposants au texte.
Pour l’économiste Shoshana Zuboff, auteur de L’Âge du capitalisme de surveillance paru aux États-Unis, le danger que font courir les géants du Web est bien plus grand qu’on ne l’imagine. En siphonnant les données personnelles pour modifier à leur insu les comportements de leurs utilisateurs, ils menacent la démocratie elle-même.
Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, la numérisation des procédures administratives progresse à une vitesse exponentielle, laissant sur le côté ceux qui ne peuvent accéder à Internet. Les administrés les plus pauvres, ceux en situation de handicap ou vivant en « zone blanche » sont les victimes d'une « fracture sociale et territoriale » dénoncée par un rapport du Défenseur des droits.
Le secrétaire d’État au numérique a présenté jeudi le plan du gouvernement pour lutter contre le cyber-harcèlement et les « contenus haineux ». S’il n’est plus question d’empêcher l’anonymat en ligne, une censure préventive confiée aux algorithmes est attendue.