L’écrivain sud-africain Mike Nicol sort un roman policier, L’Agence, qui plonge dans l’ère Jacob Zuma de corruption politique. Rencontre avec l’un des meilleurs stylistes du genre.
Dans Croire aux fauves, l’anthropologue Nastassja Martin fait le récit saisissant de sa rencontre avec un ours. Ou comment un combat sanglant peut devenir un échange et faire imploser les frontières entre les mondes.
Prix Pulitzer de l’essai, Avis d’expulsion de Matthew Desmond est traduit en français. Cette enquête socio-ethnographique impressionne autant par sa rigueur méthodologique que par sa capacité à penser la complexité de la pauvreté urbaine aux États-Unis.
Un an après le début du soulèvement des « gilets jaunes », et à l’heure où l’Irak, le Chili ou l’Équateur s’embrasent, le chercheur Romain Huët ethnographie le « vertige de l’émeute » (aux éditions PUF) sur la base d’une observation très participante, en proposant une perspective à la fois originale et limitée.
Promesse centrale de la campagne d’Emmanuel Macron, le pass Culture touche peu de jeunes et enrichit ceux qui gouvernent son expérimentation chaotique. Mélange des genres entre public et privé, outil culturel devenu instrument politique, fossé entre le coût du dispositif et les dépenses culturelles effectuées : enquête sur le fiasco de la Macronie culturelle.
La révolte sociale qui secoue le Chili se fait en musique. Elle puise dans une tradition qui remonte au gouvernement de Salvador Allende, le président socialiste qui s’est suicidé lors du coup d’État de 1973. Les chansons de Víctor Jara, tuée par la junte la même année, figurent parmi les reprises les plus populaires.
Avec La France de Vichy, paru en 1973, l’historien américain a dessillé la France sur la collaboration de Vichy avec l’Allemagne nazie. À 87 ans, il reste un des meilleurs connaisseurs du fascisme. Discussion avec Robert Paxton, professeur émérite à l’université Columbia, sur Donald Trump, la nostalgie pétainiste en France et le spectre d'un retour aux années 1930.
Le philosophe canadien engage la publication d’un feuilleton théorique en six épisodes pour redonner sa polysémie au mot économie, au-delà de son usage restrictif actuel. Une entreprise qui permet de se réarmer face à « l’impérialisme économique ».
Pierre-André Taguieff, directeur de recherche au CNRS, publie un pamphlet contre l’émancipation, symptomatique des dérives de la pensée conservatrice et emblématique du dévoiement de la vénérable maison d’édition, toujours détenue par l’ordre des dominicains.
Texte après texte, Philippe Forest met en partage l’expérience la moins partageable, celle de la souffrance, du deuil. Mais avec la joie d’inventer qui est la sienne, Je reste roi de mes chagrins met en scène Winston Churchill et son portraitiste Graham Sutherland dans une virtuose composition théâtrale.
Dans un long métrage saisissant de beauté, de révolte et de sanglots, L'Âcre Parfum des immortelles, Jean-Pierre Thorn relie un grand amour défunt aux combats sociaux bien vivants, malgré les coups de pied en vache du capitalisme. Le documentaire sort en salles ce 23 octobre : courir le voir est un acte intime et militant, qui aide à faire barrage à nos temps fâcheux...
Le romancier américain Jonathan Safran Foer publie son « livre le plus personnel à ce jour », affirme-t-il. Pourtant, L’avenir de la planète commence dans votre assiette n’est pas une fiction mais un essai, un essai de storytelling écologique : comment faire pour que nous ne traitions plus le changement climatique comme un mauvais scénario ? Foer écrit comme on lance une alerte.
Philippe Chancel documente, depuis 15 ans, les lieux des désastres, des absurdités et des vertiges de notre civilisation industrielle. Entretien et commentaire d’images.
Entretien avec Jacques Pépin, auteur de l’ouvrage « Aux origines du sida » (Seuil, 2019). Dans ce livre, il fait le point sur les connaissances établies à propos de la transmission du virus à l’être humain et de sa propagation bien avant les années 1980. Il met en avant « les racines coloniales d’une pandémie ».
C'est un précieux bréviaire, brillant d’humour et d’intelligence. De petit format et intitulé Femme animales – Bestiaire métaphorique, il est signé Laure Belhassen, dont c’est le premier livre publié.
Comment décrire et déceler un moment de bascule politique, sans se faire enfermer dans un parallèle paresseux avec les années 1930 ? Alors même que ce parallèle est également dressé par un pouvoir exécutif qui s’accommode de récidives inquiétantes tout en se présentant comme un rempart contre celles-ci.