Nous vivons dans un « monde de chefs ». Vincent Martigny part de ce constat pour décortiquer la fascination malsaine exercée par de nombreux dirigeants contemporains. Le politiste, auteur du Retour du prince, défend cependant la possibilité d’une « incarnation démocratique ».
Après la vaste polémique suscitée au mois de septembre par son interview au Corriere della Serra et l’accusation de « racisme anti-Blancs » qui lui a été renvoyée, Lilian Thuram a accepté de revenir à froid sur cet épisode. L’ancien footballeur estime qu’on lui a intimé l’ordre de se taire. Ce qu’il ne fera pas.
Nicolas Martin-Breteau traduit pour la première fois en français le premier ouvrage de W.E.B. Du Bois, fondateur oublié de la sociologie aux côtés de Durkheim et Weber. Cette édition permet de reconnaître l’importance d’un des pères noirs de la sociologie.
L’urbaniste, philosophe et sociologue Richard Sennett s’interroge, dans son dernier livre, sur les relations entre la ville et la vie, afin de comprendre si l’urbanisme doit représenter la société telle qu’elle est, ou tenter de la changer, et si oui comment. Entretien sur la gare du Nord, l’éthique urbaine et le Brexit, avec cet Américain, londonien d’adoption.
Le premier ministre britannique électrise son électorat avec ses dérapages verbaux. Mais cette violence oratoire se heurte à des résistances féminines, aptes à clouer le bec d’un phallocrate qui cloue au pilori.
Le roman de Nathacha Appanah, Le Ciel par-dessus le toit (Gallimard), inonde de sa violence murmurée cette rentrée littéraire. Qu'est-ce que suscite et induit une telle prose frémissante ? Rencontre avec une auteure qui jamais ne se dérobe.
Mark Lilla, enseignant à l’université Columbia, consacre un livre à « l’esprit de réaction ». L’historien Gérard Noiriel s’intéresse, lui, à la « part sombre de la République », à travers le parcours croisé des réactionnaires Édouard Drumont et Éric Zemmour. Deux ouvrages instructifs mais parfois problématiques.
Un monde sans rivage, roman documentaire, ou documentaire en roman, est une enquête détournée sur la mission des savants suédois Andrée, Fraenkel et Strindberg au pôle Nord en 1897. Hélène Gaudy met en scène l’engloutissement, la remontée et la disparition des traces de l’histoire.
Dans In Girum, un livre sur les leçons politiques des ronds-points, l'universitaire Laurent Jeanpierre estime que la contestation des « gilets jaunes » a révélé de nouvelles formes de gouvernement des sociétés, mais aussi un retour du niveau local comme instance de politisation et de mobilisation.
Les éditeurs de presse qui comptaient sur Google et les droits voisins pour se renflouer ont essuyé mercredi un camouflet de la part du moteur de recherche. La directive européenne adoptée au printemps n’a rien résolu.
Dans son dernier ouvrage, le prix Nobel d’économie 2001 remet en cause le consensus néolibéral. Pour apaiser l’exaspération sociale, il dessine les grands traits d’un capitalisme réformé s’appuyant sur une interaction entre le pouvoir démocratique et les marchés.
Comment écrire un roman quand le réel brûle ? Valeria Luiselli fabrique des histoires comme des contre-feux. Archives des enfants perdus ou la véritable littérature engagée de cette rentrée 2019.
Entretien vidéo avec l’auteure de Chimère, roman attendu et remarqué lors de la rentrée. Elle explique son approche, par la littérature, du thème de la manipulation génétique.
Avec Jules Falquet et Lissell Quiroz, nous avons tenté un vade-mecum militant, documenté, pédagogique et approfondi sur une notion souvent incomprise : la colonialité – du pouvoir, du savoir, du genre. Et sur le féminisme décolonial.
Ingo Schulze, né en RDA, avait vingt-huit ans lors de la chute du Mur, comme le héros de son roman. Il y a plus de dix ans, Schulze apportait déjà avec Vies nouvelles une contribution essentielle à l’abondante littérature consacrée à la réunification. Il recommence aujourd’hui avec Autoportrait d’une vie heureuse publié chez Fayard.
Pour les Journées du patrimoine, le grand salon de l’hôtel des Invalides s’ouvre au public. Zoom sur une toile qui orne le lieu : le maréchal Randon, « pacificateur » de la Kabylie en 1857, peint par Horace Vernet. Un massacreur en majesté.