Tri sélectif des essais sur le populisme parus cet automne. De qualité inégale, la plupart entretiennent la confusion conceptuelle qui entoure ce terme. L’Esprit démocratique du populisme, de Federico Tarragoni, se distingue par sa rigueur et son originalité.
Le 24 novembre 1989, le régime communiste s’effondrait à Prague, sous les yeux de notre reporter, revenu sur place 30 ans plus tard, pour poser la question inaudible par excellence : République tchèque, qu’as-tu fait de ta dissidence ?
Pourquoi les histoires de fin du monde se multiplient-elles ? Faut-il les lire comme les constats d’une course à l’abîme inéluctable ? Dans Fabuler la fin du monde, Jean-Paul Engélibert soutient au contraire que les fictions apocalyptiques constituent un appel à penser des formes alternatives de société.
Auteur de L’Art d’aimer, le critique de cinéma Jean Douchet vient de mourir. Maître incontesté de la cinéphilie contemporaine, « wellesien » de carrure, il a cru avant tout dans le présent de la vision et de la parole, privilégiant, dans les salles de cinéma, la transmission horizontale de sa passion auprès d’un nombre incalculable de spectateurs, qui lui doivent beaucoup.
L’usage récréatif de la génétique pose des questions scientifiques et éthiques. Débat entre deux spécialistes, l’une partisane d’une autorisation encadrée des tests ADN pour connaître ses « origines » géo-ethniques, l’autre défendant le maintien d’une interdiction stricte.
Héros et nageurs, écrit en 1992, est un livre merveilleux, le seul publié par Charles Sprawson, gentleman nageur. Tout à la fois réflexion anthropologique, historique et géographique, étude littéraire et picturale, son récit explore les rapports qu’entretiennent différentes cultures avec la baignade et s’attarde sur le besoin existentiel des « hydrophyles », des audacieux rêveurs que sont nageurs et plongeurs.
La séparation entre l’homme et l’œuvre est l’argument dégainé par les soutiens de Roman Polanski et de son film J’accuse, en salles ce mercredi. Ce distinguo est de plus en plus difficile à faire, et précisément dans le cas de Polanski. Pour l’universitaire et critique de cinéma Iris Brey, cette affaire révèle un tournant culturel.
Le sociologue Benoît Coquard, qui travaille sur les milieux ruraux et les classes populaires, publie un livre faisant voler en éclats les idées reçues sur les campagnes en déclin et le prétendu repli de ladite « France périphérique ». Un livre qui éclaire aussi le soulèvement des « gilets jaunes », un an après son déclenchement.
« Icebergs est une série de promenades », explique l’écrivain Tanguy Viel. L’occasion de faire un état des lieux : qu’est-ce qu’on fabrique avec la littérature aujourd’hui ? Un livre à lire illico, avant la fonte des glaces.
L’Ojibwé Richard Wagamese et le Cheyenne Tommy Orange font vivre la résilience profonde, l’héritage et la puissance enfouie mais vivace de leurs nations. Deux très beaux romans ancrés l’un dans la forêt, l’autre dans les bas quartiers urbains, écrits avec un lyrisme qui sublime une rage.
Né à Dresde en 1945, ville nichée depuis à l’Est, le pianiste Peter Rösel, qui n’avait pas joué en solo à Paris depuis 40 ans, a donné un récital exemplaire, salle Gaveau, le 7 novembre. Tel un fantôme bienveillant de la malveillante RDA.
Scindé en quatre en 1945, coupé en deux de 1961 à 1989, Berlin fut une pépinière artistique. « Îlot du monde libre au sein d’un océan communiste », la partie ouest attirait la bohème rebelle de toute la RFA, et au-delà. Côté est, la révolte couvait. Du jazz à la techno en passant par le punk, le rap et la « neue deutsche welle », portrait en musiques des deux côtés du Mur.
Après s’être exprimé sur le témoignage d’Adèle Haenel, Costa-Gavras a défendu son film Adults in the room, sorti ce mercredi, aux côtés de Yanis Varoufakis qui en est le personnage principal.
Le réalisateur de Z donne sa version de la crise grecque de 2015, un brûlot contre l’Europe technocratique adapté du livre à succès de Yánis Varoufákis, en salle ce mercredi 6 novembre.
Dans un entretien à Mediapart, l’économiste Éloi Laurent, auteur de Sortir de la croissance, explique en quoi la dépendance au PIB nuit au bien-être humain. Pour en sortir, il propose de changer de priorités et d’indicateurs.