Officiellement, le monde financier est prêt à apporter tout son soutien à la lutte contre les dérèglements climatiques. En pratique, les actions peinent à suivre. Vertes à l’extérieur, les banques restent bien marron à l’intérieur.
Indéniables, les bons chiffres de la croissance française s’expliquent en grande partie par la structure de l’économie. Mais la reprise reste incomplète et fragile. Et il demeure des défis considérables que la seule croissance ne peut régler.
Pour son discours inaugural à Glasgow, lundi, le président français a exhorté ses homologues à rehausser leurs ambitions climatiques. Mais la fuite d’un document européen, au même moment, vient rappeler que la France promeut activement le gaz fossile avec le soutien du nationaliste Viktor Orbán en Hongrie ou du gouvernement polonais pro-charbon, en contrepartie de leur appui pour relancer le nucléaire tricolore.
En 2015, l’Urssaf a réclamé presque 4 millions d’euros à la plateforme, au motif que les chauffeurs qui travaillaient avec elle devaient être traités comme des salariés, cotisations sociales comprises. La justice a annulé la procédure sur la forme, et tout s’est arrêté.
En avril, les travailleurs en situation irrégulière ont obtenu la création d’un fonds exceptionnel pour les aider à faire face aux difficultés économiques de l’ère Covid. Mais il ne suffit pas à satisfaire tous les besoins.
Alors qu’il communique abondamment sur sa « neutralité carbone », le groupe 100 % public émet chaque année plus de CO2 depuis 15 ans pour transporter courrier et colis. En cause : le tout-routier et aérien, soit les modes de transport les plus polluants pour le climat.
Alors que le gouvernement cherche à protéger les entreprises des revendications salariales avec l’« indemnité inflation » accordée aux travailleurs gagnant moins de 2 000 euros, des salariés de Decathlon ont décidé de compter sur leurs propres forces. Dans le nord de la France, certains d’entre eux ont entamé un bras de fer avec leur direction pour obtenir des augmentations salariales durables.
Saisi d’une plainte de l’union syndicale de Suez, le parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire sur d’éventuels trafics d’influence, portant notamment sur le rôle du secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler. L’union syndicale demande la suspension de toutes les opérations de rachat jusqu’à la conclusion de l’enquête.
Alors que quatorze décès surviennent chaque semaine rien que dans le privé, la chercheuse Véronique Daubas-Letourneux interroge l’absence de données complètes sur les accidents du travail en France.
Il a suffi de quelques semaines de crise énergétique pour que tout le monde veuille construire de nouveaux réacteurs. Mais sans jamais dire comment. Toutes les questions économiques, industrielles et financières sont passées sous silence, comme si le seul fait qu’il y ait une volonté suffisait à faire un chemin.
RTE, le gestionnaire du réseau électrique français, a dévoilé ses scénarios énergétiques permettant d’atteindre la neutralité carbone en 2050. La part belle est faite au nucléaire alors qu’Emmanuel Macron s’apprête à annoncer la construction de nouveaux réacteurs.
La nouvelle version de la convention fiscale entre les deux pays devait aboutir à une hausse d’impôt pour certains Français travaillant de l’autre côté de la frontière. Mais son application a été « suspendue ». Contournant de fait le vote du Parlement.
Pékin entend introduire de l’équité pour les « travailleurs flexibles », livreurs et autres employés des plateformes, dans l’un des secteurs les plus dynamiques de l’économie chinoise. À grands coups de directives, de lois et d’imprécations menaçantes lancées aux grands groupes de la tech.
Depuis septembre, la Chine connaît des coupures d’électricité et une crise énergétique sans précédent. Les tensions touchent tous les secteurs et le monde entier. Certains tentent d’en profiter pour remettre en cause la politique de décarbonation du président Xi Jinping.
Le géant de l’immobilier chinois a évité d’un cheveu la faillite, mais sa situation reste critique et les échéances à venir sont encore nombreuses et plus décisives encore. Pour les autorités du pays, la question qui s’ouvre maintenant est de définir un nouveau régime de croissance. Une véritable gageure.
Deux ouvrages, « Le Bien commun, le climat et le marché » de Benjamin Coriat et « L’Illusion de la finance verte » d’Alain Grandjean, membre du Haut Conseil pour le climat, et Julien Lefournier, financier, reviennent sur les illusions de nombreux économistes, persuadés que le marché et la finance peuvent être les moyens de lutter contre les dérèglements climatiques.