Dans le lot des privatisations préparées par le gouvernement, celle de la Française des jeux est la plus symptomatique. Risques de blanchiment, d’addiction ou de fraudes… l’abandon de cette entreprise publique à des clans affairistes est hautement dangereux. Même Sarkozy y avait renoncé.
Emmanuel Macron annonce une réforme explosive de la SNCF et du statut des cheminots. Alors que les ordonnances viennent à peine d'être dévoilées, ainsi qu'une pluie d'autres mesures controversées, le chef de l’État, comme enfermé dans une bulle, avance à marche forcée sans se soucier de ce que le pays souhaite ou peut accepter.
Malgré ses promesses électorales, Emmanuel Macron ne profitera pas de la réforme de la CSG pour offrir aux fonctionnaires un gain de pouvoir d’achat. Avec le gel annoncé de l’indice, les rémunérations publiques vont au contraire y perdre. Perte qui se cumule avec la réduction des effectifs publics et le rétablissement du jour de carence en cas de maladie.
Usant des pouvoirs exorbitants que lui confèrent les institutions de notre monarchie bien peu républicaine, Emmanuel Macron engage avec les ordonnances une confrontation sociale majeure, qui pourrait consacrer une victoire importante du capital sur le travail.
En attendant la réforme préparée par l'Élysée, le directeur général assure son propre intérim ; le directeur financier et la directrice des retraites sont partis ; le président de la commission de surveillance a été élu, selon nos informations, dans des conditions illégales : la Caisse des dépôts est comme un bateau ivre.
Le gouvernement a annoncé que la baisse des cotisations salariales maladie et chômage sera effectuée en deux temps. Un mouvement qui risque de rendre l’opération peu visible par les salariés, mais qui permet de gagner quelques milliards d’euros. Encore une fois, seuls les plus fortunés ne sont pas mis à contribution.
En choisissant de donner la priorité à la consolidation budgétaire, Emmanuel Macron a modifié la logique de son programme économique et s’est aliéné une partie de l’opinion. Les efforts pour tenter de sauver la face d’une politique du « ni droite, ni gauche » ont achevé d’affaiblir sa position.
En huit mois, la monnaie européenne s’est appréciée de plus de 13 % par rapport au dollar. Pour la BCE, cette hausse de l’euro est une préoccupation supplémentaire : elle risque de miner une partie de ses efforts pour relancer l’économie européenne.
Le PIB français a progressé de 0,5 % au deuxième trimestre 2017, soit le même rythme que les deux derniers trimestres. Une amélioration qui tient avant tout à la hausse des exportations, mais qui ne valide pas la capacité du pays à résister à l'austérité programmée par le gouvernement.
Le samedi 29 juillet était, paraît-il, « le jour de la libération fiscale ». Une campagne faite pour imposer l’idée que depuis le 1er janvier « les Français » ne travaillent pas « pour eux » mais « pour l’État ». Comme si « l’État » n’était pas les Français.
L’Aide personnalisée au logement va baisser de 5 euros par mois dès le 1er octobre, suscitant une indignation d'autant plus forte, que le gouvernement multiplie les cadeaux fiscaux aux plus grandes fortunes.
Alors que les marchés financiers spéculent sur un prochain arrêt de la politique monétaire particulièrement accommodante de la BCE, Mario Draghi a décidé de ne pas bouger. « L’inflation n’est pas où elle devrait être », a-t-il justifié. Mais c’est surtout la situation de la zone euro qui l’inquiète.
Le gouvernement demandera sur le quinquennat un effort de réduction des dépenses de 13 milliards d'euros, trois de plus que prévu par le candidat Macron. L'équation sera rendue plus périlleuse par l'exonération de la taxe d'habitation et le financement des promesses du nouveau président.
Le président de la République a exigé le silence des armées, jeudi 13 juillet, sur sa politique budgétaire, affirmant qu’il était leur « chef ». Un argument d’autorité qui ne régle pas les problèmes de fond d’une politique de défense sans cohérence face à l’austérité budgétaire choisie.
Dans un ouvrage récent, l’économiste Ann Pettifor explique pourquoi le monde ne saurait être « à court d’argent » pour financer les grands défis. La seule condition reste d’ôter aux banques le pouvoir de création monétaire qu’elles détiennent seules.
Face à la protestation des milieux financiers, qui ne cachent pas leur déception, Emmanuel Macron décide d’anticiper les réductions d’impôt au lieu d’avoir pour seules priorités la baisse des dépenses publiques et la réforme du code du travail.