En apparence, tout sépare le président américain et le président français. Pourtant, comme l’a relevé l’économiste Thomas Piketty, il y a plus une différence de degré que de nature dans leur politique fiscale. Ils mènent la même stratégie du choc.
C’est l’une des conséquences de la politique monétaire non conventionnelle de la Banque centrale européenne : parce qu’elle achète des dettes de groupes privés, elle se retrouve désormais exposée à leurs risques de faillite. La BCE en fait une première expérience avec le groupe sud-africain Steinhoff, propriétaire de Conforama, en pleine déconfiture.
Dans un rapport publié jeudi, la Cour des comptes européenne dresse un constat implacable des trois plans de sauvetage européens pour la Grèce. Des critiques formulées de longue date par nombre d’économistes sont confirmées, notamment le dogmatisme et l'irréalisme sans précédent de la Commission européenne.
La première partie de notre soirée « En direct de Mediapart » du 8 novembre 2017 s’est concentrée sur le premier budget de la présidence d’Emmanuel Macron.
L'économie française a affiché une croissance du PIB de 0,5 % sur un trimestre. Au-delà du triomphalisme politique et des effets de manche, cette croissance s'explique uniquement par le stockage de matériel aéronautique. La qualité de la reprise française reste discutable.
La Cour des comptes, qui traque avec pugnacité les jongleries ou irrégularités financières dans la sphère publique, n’est elle-même pas exempte de critique. À preuve, elle a vivement critiqué dans un rapport une indemnité dont bénéficient les agents de Bercy, ainsi que le complément de retraite qui lui est lié. Mais les magistrats financiers profitent exactement… des mêmes avantages !
À l’appel de tous les syndicats, près de 130 manifestations et rassemblements sont prévus mardi pour protester contre les projets de l’exécutif pour cinq millions de fonctionnaires. En cause : une série de mesures défavorables à leur pouvoir d’achat.
Dans une note interne, le cabinet de Pierre Moscovici juge « borderline » la trajectoire budgétaire française et redoute l'effet de la transformation en 2019 du CICE en baisse de charges.
Jamais dans le pays autant de réformes néolibérales n’ont été menées de front et à un rythme aussi effréné. Jamais non plus le souci de concertation n’a été aussi faible. Et la raison, la voici : en la personne d’Emmanuel Macron, c’est l’oligarchie de Bercy qui a pris le pouvoir, et celle-ci s’accommode fort bien des institutions autoritaires de la Ve République.
Le projet de budget 2018 fait le choix clair de réduire l'aspect redistributif de l'impôt et de favoriser les plus riches des Français. C'est un budget qui creusera les inégalités.
Le projet de loi de finances installe un fort ralentissement de la dépense publique et de nombreuses baisses d'impôts, d'abord centrées sur le capital.
Pierre-René Lemas s’apprête à quitter la Caisse des dépôts. Par la faute de l’Élysée, il la laisse en perdition, avec une direction générale décapitée, une commission de surveillance illégitime et à 100 % masculine, le tout sur fond de rumeurs de démembrement sinon même de privatisation.
Dix ans après la crise financière, la Fed décide d’abandonner sa politique monétaire ultra accommodante. Ce retour à la normale risque d’avoir des conséquences sur les marchés, dopés à l’argent facile des banques centrales.
Depuis son élection, Emmanuel Macron a fait de la refondation de la zone euro une priorité. Mais il peine à gagner des soutiens auprès des autres membres. Le président de la Commission européenne a proposé de faire adopter l’euro dans toute l’Union et de donner les pouvoirs budgétaires à la Commission. Angela Merkel, en campagne, ne dit rien. Mais son ministre des finances parle pour elle.
Le gouvernement veut geler à 0,75 % pendant deux ans la rémunération du livret A. Objectif affiché : améliorer le financement du logement social. Mais Mediapart apporte la preuve chiffrée qu’il s’agit d’une supercherie : la mesure coûterait plus de 2 milliards d'euros aux épargnants et rapporterait plus d'1,7 milliard aux banques.