Dans sa leçon de clôture, publiée aux éditions du Collège de France, le spécialiste du droit du travail Alain Supiot alerte sur les conséquences de la déréglementation sociale. Il fait valoir que trop d’injustices engendrent « un tel mécontentement que la paix et l’harmonie universelles sont mises en danger ».
Les éditeurs de presse qui comptaient sur Google et les droits voisins pour se renflouer ont essuyé mercredi un camouflet de la part du moteur de recherche. La directive européenne adoptée au printemps n’a rien résolu.
Une nouvelle décision de justice complexifie encore le dossier du barème plafonnant les indemnités accordées aux salariés en cas de licenciement abusif. Pour les juges de Reims, cette mesure phare des ordonnances Macron est bien conforme aux règles internationales, comme l’a jugé en juillet la Cour de cassation. Mais, ajoutent-ils, cela ne signifie pas qu’elle doit être appliquée dans tous les cas.
Dans son dernier ouvrage, le prix Nobel d’économie 2001 remet en cause le consensus néolibéral. Pour apaiser l’exaspération sociale, il dessine les grands traits d’un capitalisme réformé s’appuyant sur une interaction entre le pouvoir démocratique et les marchés.
Dans un entretien à Mediapart, Joseph Stiglitz, qui publie un nouvel ouvrage le 26 septembre, explique en quoi Donald Trump est le symptôme de la crise du néolibéralisme, mais constitue aussi une menace pour les valeurs des États-Unis.
En deux décisions favorables à Google et Starbucks, la Cour de justice de l’UE a mis à bas les défenses que tentait d’ériger l’Europe face aux multinationales. Avant même d’être renommée, la commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager, voit son action empêchée.
La CGT, FO, la CFE-CGC et Solidaires se tournent devant le Conseil d’État pour faire annuler la réforme qui va toucher les chômeurs à partir du 1er novembre. Le bilan financier que vient d’établir l’organisme aux manettes de l’assurance-chômage est accablant : 1,3 million de demandeurs d’emploi vont perdre des droits.
Le néolibéralisme n’a jamais réussi à s’implanter totalement en France. Avec Emmanuel Macron, tout est en train de changer, écrit notre confrère Romaric Godin dans La Guerre sociale en France. Rompant avec les équilibres passés, l’État s’est rangé aux côtés du capital contre le travail, assumant la promotion d’un capitalisme autoritaire pour imposer ses vues. Extraits.
Alors que la CGT appelle à manifester ce mardi contre la réforme des retraites, un rappel : pour la moitié des Français de 60 ans, voir reculer l’âge où ils pourront prendre leur retraite ne signifie pas qu’ils devront rester plus longtemps à leur poste. Déjà rejetés en dehors du marché du travail, ils devront patienter encore au chômage, au RSA, en invalidité, ou ne compter que sur eux-mêmes quelques années de plus.
Chutes des ventes et des exportations, modèles trop gros et trop polluants… L’automobile allemande, secteur clé de l’industrie, est en pleine tourmente, entraînant à sa suite toute l’économie. Après avoir nié les problèmes d’environnement, les constructeurs disent vouloir prendre le tournant des technologies vertes. Sans renoncer aux grosses berlines.
C’est une révolution dans le monde de la finance : désormais, l’Autorité des marchés financiers tient un fichier des lanceurs d’alerte et leur fournit une attestation. Mediapart révèle le cas d’un salarié du groupe BPCE qui est l’un des premiers, sinon le premier, à profiter de ce dispositif issu de la loi Sapin II. Ce qui ne l’a pourtant pas empêché d’être licencié.
Deux syndicats interprofessionnels, la CGT et Solidaires, ont déposé des préavis de grève à l’occasion de la mobilisation pour le climat, ce vendredi. Une telle décision marque un tournant dans l’imbrication entre lutte sociale et climatique.
L’économiste, auteur de « Capital et Idéologie », son nouveau livre sur les origines et la lutte contre les inégalités, répond en direct aux questions de la rédaction.
Le dispositif, voté à l’Assemblée dans le cadre de la Loi d’orientation des mobilités, doit, selon le gouvernement, garantir de meilleures conditions de travail aux livreurs et chauffeurs travaillant avec les plateformes numériques. En vérité, il est pensé pour éviter que ces travailleurs indépendants ne soient considérés par la justice comme des salariés en CDI.
Pour la première fois depuis 2009, la Réserve fédérale a dû intervenir en urgence sur le marché monétaire, en y injectant 130 milliards de dollars. Les responsables tentent de rassurer en expliquant qu’il s’agit d’un mauvais concours de circonstances. Les raisons semblent beaucoup plus profondes : le système financier croule sous trop de dettes à court terme.
La finance semble manifestement étrangère à toute notion de conflit d’intérêts. Après l’arrivée d’un lobbyiste à la tête de l’autorité de régulation bancaire européenne, le numéro deux de cette même autorité de régulation part pour prendre la direction d’un des plus puissants lobbies financiers. La capture des institutions continue.