François Hollande a fini par confirmer Pierre Moscovici, qui sera, sauf veto peu probable du parlement, le prochain Français au sein de la commission européenne. Mais les contours de son futur portefeuille à dominante économique restent flous. En cause : les pressions de Berlin.
Membre du collège de l'AMF, Monique Cohen vient d'entrer aux conseils d'administration de BNP Paribas et de Hermès. Problème : le gendarme des marchés supervise le premier et a condamné LVMH, en conflit avec le second.
Berlin s'oppose à un volet de l'accord de libre-échange avec le Canada, sur le point d'être adopté. Cela pourrait, par ricochet, torpiller le chantier titanesque du « TTIP », négocié par Bruxelles avec les États-Unis. Un tournant.
Mediapart publie plusieurs documents montrant que la banque a minimisé les avertissements sur le risque couru par les clients d'un prêt immobilier en francs suisses, commercialisé en 2008 et 2009. Mille plaintes ont été déposées, une information judiciaire est en cours. La BNP tente de régler une partie du problème à coups de « protocoles transactionnels ».
Des études économiques de plus en plus nombreuses attestent que les 35 milliards d'euros offerts par Hollande aux entreprises généreront d'abord des effets d'aubaine, et très peu d'effets sur l'emploi. Plus grave, l'envolée continue du chômage se double d'une précarité galopante. Désormais, à peine plus de 8 % des embauches se font en CDI.
La commission européenne a reçu près de 150 000 réponses, en majorité négatives, à sa consultation sur le mécanisme d'arbitrage entre État et investisseur, l'un des volets les plus sensibles du futur accord de libre-échange entre Bruxelles et Washington. C'est un avertissement pour l'exécutif européen. Reste à savoir comment ce dernier prendra en compte les réponses.
Le chômage continue de battre des records, avec une nouvelle hausse de 10 000 personnes en juin. Pour le stabiliser, le gouvernement mise sur « le pacte de responsabilité ». Mais deux nouvelles études du CNRS viennent contester l'efficacité des politiques d'exonérations de cotisations sociales et relativiser leur impact sur l'emploi.
En validant une loi adoptée le 17 juillet, le Conseil constitutionnel met en grande difficulté les collectivités locales, qui ne pourront plus attaquer leur banque si elle a mal calculé le taux global du crédit. C'était la seule porte de sortie qu'elles avaient trouvé jusqu'ici pour se défaire de prêts toxiques contractés dans les années 2000. Mais l’État, repreneur de Dexia, craignait de perdre jusqu'à 17 milliards d'euros.
La banque suisse a été mise en examen pour blanchiment aggravé de fraude fiscale, pour des faits qui auraient été commis entre 2004 et 2012. Un rebondissement majeur dans le dossier où elle est fortement soupçonnée d’avoir organisé l’évasion fiscale de centaines de clients vers la Suisse.
Le groupe socialiste a déposé le 16 juillet sur le bureau de l'Assemblée une proposition de loi instaurant un délit de violation du secret des affaires. Même si ses concepteurs le démentent, cette réforme constituerait une menace sur le droit à l'information et les lanceurs d'alerte.
Le « plaider coupable » de BNP Paribas aux États-Unis devrait enfin permettre aux actionnaires, pénalisés de 6,4 milliards d'euros, de poursuivre en justice les dirigeants d'une grande banque. Premier concerné, l’État belge, avec 10,3 % du capital.
Pierre Moscovici est favori pour occuper un poste de commissaire européen sur le quota français. Mais au-delà de sa personne, de nombreux eurodéputés sont sceptiques, à droite comme à gauche, à l'idée de laisser un socialiste français s'occuper des dossiers budgétaires de la zone euro.
S’il démissionne, le ministre de l'économie sort du champ et meurt à la politique. S’il reste, il est comptable de la déroute annoncée. Leader sans peuple, stratège sans armée, il se tient sur la crête d’un renoncement sans cesse différé, donnant sa démission tous les soirs, la reprenant tous les matins.
Accusés par les agriculteurs et les industriels de rançonner l’ensemble de la filière agro-alimentaire en pratiquant des prix toujours plus bas, les représentants des enseignes de grandes surfaces ont été rappelés à l’ordre, jeudi soir à Bercy, par Arnaud Montebourg et Stéphane Le Foll.
Ce fut une opération spectaculaire. En 2009, Icade vendait plus de 24 000 logements sociaux pour 1,6 milliard d’euros à un consortium de bailleurs sociaux, emmené par la SNI, autre filiale de la Caisse des dépôts. Revenant sur cette affaire, la Cour des comptes dénonce cette transaction opaque, faite au détriment du logement social, pour le seul profit des actionnaires privés.
Les milliards d’exonérations de cotisations sociales consenties aux patrons n’ont jamais inversé la courbe du chômage. C’est le constat sans appel de la mission du Sénat qui planche depuis quatre mois sur le sujet. Mais le rapport ne sera jamais publié, retoqué par les sénateurs UMP, UDI… et socialistes.