Le bras de fer entre l’État et les habitant·e·s de la ZAD autour de l’identification personnelle cache une autre bataille : l’opposition entre un modèle individuel et la défense de la gestion collective des terres. L’État ne veut pas d’un nouveau Larzac, mais les usages communs des terres sont en plein essor.
Le chef de l’État a menti à six reprises au sujet de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes lors de son entretien télé avec BFM et Mediapart dimanche soir. Voici de quoi rétablir quelques faits.
La visite surprise d’Édouard Philippe et de Gérard Collomb à Notre-Dame-des-Landes, vendredi après-midi, a clos la semaine d’expulsion partielle de la ZAD. Par les conditions et la méthode d’expulsion qu’elle a choisie, la puissance publique s’est montrée plus que coercitive : vengeresse. Une manif contre les expulsions se tient samedi après-midi à Nantes et dimanche, une convergence aura lieu sur la zone.
Invité de TF1, le chef de l’État a indiqué que « l’opération est arrivée à un point où tout ce qui était évacuable a été évacué » sur la ZAD. Les habitants et leurs soutiens restent dubitatifs, même si la journée de jeudi a montré une accalmie sur le terrain – malgré quelques affrontements épisodiques. Les trois jours précédents, l’opération a fait plus de 130 blessés.
Le deuxième jour d’expulsion de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes a tourné à l’affrontement entre les gendarmes et des habitant·e·s déterminé·e·s. Un lieu historique de la ZAD, les Vraies Rouges, a échappé à la destruction promise.
L’expulsion de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes a été plus massive et plus brutale que beaucoup s’y attendaient lundi. Au moins neuf lieux ont été détruits, dont la ferme collective les Cent Noms, l’un des lieux les plus impliqués dans les projets agricoles de la zone. Cette démolition suscite l’indignation de nombreux paysans et soutiens du mouvement.
À quelques heures de la possible expulsion d’une partie de la ZAD, la pression monte sur ses habitant·e·s. L’État veut déloger les occupant·e·s qui ne déposent pas de projet individuel agricole. Mais aucun·e ne l’a fait, pour rester dans un cadre collectif.
Invitée par le campus Condorcet à donner une conférence, l’anthropologue Barbara Glowczewski a eu la mauvaise surprise de découvrir que la vidéo de l’événement a été amputée de sa partie sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. L’université plaide la prudence juridique.
Profitant du carnaval, le président se déguise en grenouille et adresse un discours passionné aux habitants de la ZAD : les zadistes sont courageux, les zadistes sont formidables, les zadistes sont sensibles, les zadistes sont uniques !
Des milliers de personnes ont fêté la victoire, samedi 10 février, après l’expiration de la déclaration d’utilité publique de l’aéroport. Ces quarante ans de lutte doivent autant au Larzac qu'aux mobilisations du Grand Ouest.
La construction de l’aéroport écartée, la question de l’avenir de la ZAD est sur toutes les lèvres. À brève échéance, le mouvement d’occupation fait preuve de bonne volonté en libérant la route RD281, dite « route des chicanes ». À plus long terme, les discussions avec l’État ont d’ores et déjà commencé, avec pour objectif de trouver une solution pérenne pour tous les occupants d’ici au 31 mars.
Au lendemain de la décision du gouvernement de ne pas construire l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les habitant·e·s du bocage nantais, pour certain·e·s en lutte depuis des décennies, ont encore du mal à croire à la nouvelle. Le soulagement et la joie sont présents, mais d’autres questions affleurent déjà.
Édouard Philippe a annoncé mercredi l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes et l’évacuation de la ZAD au printemps prochain. L’exécutif peut s’enorgueillir de trancher une question à laquelle se sont heurtés tous les gouvernements. Déjà, les pro-aéroport dénoncent un « déni de démocratie ».
Le gouvernement abandonne le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Depuis des semaines, l’exécutif a préparé en coulisses cette décision qui met fin à des années de conflit.
Une vingtaine d’associations, syndicats et partis politiques s’engagent publiquement en faveur d’un maintien de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en cas d’abandon du projet d’aéroport. La décision du gouvernement est attendue d’un jour à l’autre.
Que va devenir la ZAD ? Celles et ceux qui occupent le territoire depuis dix ans veulent en faire une zone d’expérimentations où paysans et anciens squatteurs cohabiteraient. Ils se disent prêts à en discuter avec l’État. Entretien vidéo.