En première ligne pour gérer la crise sanitaire et la fermeture des établissements, le ministre de l’éducation nationale a multiplié les sorties hasardeuses et a été contredit par l’exécutif à de multiples reprises, ce qui a pu donner l'impression d’un manque de maîtrise de la situation. Récit de ces semaines mouvementées.
Les premiers résultats de Parcoursup sont tombés, beaucoup de futur·e·s bachelier·e·s sont encore sur liste d’attente et il peut être tentant d’envisager l’école de commerce. N’est-ce pas le meilleur moyen de s’assurer un avenir à l’abri du besoin, en phase avec les attentes du marché du travail capitaliste ?
Éducation et enseignement supérieur — Note de veille
À partir du 2 juin, les écoles rouvrent, mais dans les faits, peu d’élèves pourront retourner en classe. Pour y voir clair, Mediapart fait le point sur les annonces du ministre de l’éducation nationale.
Malgré les annonces du ministre de l’éducation, les élèves en situation de handicap sont peu nombreux à avoir retrouvé les bancs de l’école. À Paris, l’académie estime que seuls 25 % de ces élèves sont de retour en classe. Et pour cause, parents et associations dénoncent le mauvais accueil réservé aux élèves handicapés dans les écoles depuis le début du déconfinement.
Plusieurs milliers de lycéens candidats à une classe préparatoire au lycée Janson-de-Sailly, à Paris, ont vu leur dossier pour Parcoursup fuiter, selon nos informations. Toutes leurs données confidentielles ont été visibles par des tiers.
Deux chercheurs ont réalisé une étude auprès de 30 000 parents contactés par voie électronique à travers les établissements scolaires, qui confirme l’existence d’une fracture pédagogique entre parents favorisés et défavorisés. La fracture numérique se surajoute à ces difficultés.
Continuité pédagogique impossible, fracture numérique, précarité étudiante… Les raisons qui ont transformé ce semestre en casse-tête pour les universités sont nombreuses. Dans cette confusion, la question des examens polarise toutes les inquiétudes et crée des inégalités.
Un million et demi d’élèves, sur un total 6,7 millions, retrouvent l’école primaire après huit semaines d’interruption. Le retour est progressif et les petits effectifs permettent le respect des gestes barrières. Une enseignante, une directrice d’école et une Atsem racontent cette rentrée.
Après deux mois de confinement et d’enseignement à distance, une partie des enfants va retourner en classe. Les règles de sécurité sanitaire établies sont strictes mais cela ne suffit pas à rassurer certains parents. D’autres ont envie de tenter un retour.
Le retour à l’école est prévu pour une partie des élèves le 11 mai. Interrogées par Mediapart, deux directrices d’école racontent les conditions drastiques qu’elles doivent mettre en place et font part de leur inquiétude concernant les plus en difficulté scolaire.
Alors que leur utilisation a explosé avec le confinement, les outils numériques auxquels ont recours les établissements scolaires ne sont pas gérés directement par l’éducation nationale. Une dépendance problématique qui risque de faire le jeu des Gafam.
La France travaille encore sur la rentrée progressive des élèves dans ses classes. Parmi ses voisins européens, les stratégies divergent. Illustration avec l’Italie, où les écoles restent fermées, la Belgique, où cela dépend des communautés linguistiques, et l’Autriche qui déconfine prudemment.
Le ministère de l'éducation a conçu un projet de protocole sanitaire en vue de la reprise de la classe. Les enseignants notamment devront faire cours avec un masque.
Même après le discours d’Édouard Philippe, les modalités de réouverture des écoles à compter du 11 mai présentent de nombreuses inconnues. Les organisations syndicales réclament des garanties sanitaires strictes.
Les étudiants infirmiers, en stage en pleine épidémie, sont affectés dans différents services, parfois en unité Covid. Ils sont indemnisés au maximun 50 euros par semaine. Une prime leur a été promise. Ils travaillent dans des conditions stressantes, parfois dangereuses, et les dénoncent.
Emmanuel Macron a annoncé la réouverture des établissements scolaires « à partir du 11 mai ». Officiellement pour ne pas creuser les inégalités. Mais nombre d’enseignants et d’organisations syndicales restent sceptiques et attendent des garanties. Certains menacent déjà d’user de leur droit de retrait.