De plateaux en plateaux, sociologues et historiens sont sommés de se justifier : il semblerait que les facs hébergent en leur sein des complices des terroristes islamistes, qui y inculqueraient de dangereuses idées menaçant la République.
Dans les quartiers populaires, du Havre à Montpellier, Toulouse ou Vannes, des familles tentent d’offrir « l’égalité des chances » à leurs enfants en choisissant le privé. À l’heure de la loi contre le « séparatisme islamiste », ces parents bataillent plutôt contre la ségrégation sociale.
Les élèves non-boursiers des lycées partenaires de la Convention éducation prioritaire de Sciences-Po (CEP) devront désormais payer 150 euros de frais de candidature sur Parcoursup. Plusieurs professeurs interrogés craignent que le coût ne dissuade de nombreux élèves de postuler.
En légiférant sur l’instruction en famille et l’école hors contrat dans sa loi contre le séparatisme, le gouvernement ravive de profonds clivages politiques, à droite comme à gauche. Masquée par ces débats, une implacable segmentation du marché de l'éducation.
Des dirigeants du syndicat pro-Blanquer s’activent pour présenter une nouvelle liste « indépendante » aux prochaines élections. Une réunion s'est tenue à Lyon fin décembre, dans un appartement loué par le syndicat, en pleine enquête ministérielle sur sa gestion financière.
Anxiété, épuisement, insomnies… Le reconfinement puis la prolongation jusqu’à nouvel ordre des cours à distance exacerbent les troubles psychologiques des étudiants. Ce début janvier, deux ont tenté de mettre fin à leurs jours.
Face au variant anglais, le gouvernement ne compte pas fermer les établissements scolaires, ni renforcer à ce stade le protocole sanitaire. La communauté éducative craint que la situation ne devienne incontrôlable si le virus circule davantage chez les enfants.
Empêtré dans le scandale Avenir lycéen, le ministre de l’éducation nationale « n’exclut pas » l’arrêt des subventions à toutes les organisations lycéennes, « sujet de polémique ». Les concernés dénoncent une atteinte à la démocratie.
Une dizaine de professeurs des écoles et de conseillers pédagogiques de la circonscription de Lille-Lambersart dénoncent l’autoritarisme de leur inspectrice et le climat « malsain » qu’elle aurait instauré. Alors que les arrêts maladie se multiplient, la hiérarchie minimise le problème.
Après avoir vécu une nouvelle intrusion dans l’école Georges-Bruguier au cœur d’un climat de guerre urbaine secouant son quartier, les personnels et parents d’élèves tentent de faire prendre conscience aux autorités de la gravité de la situation.
Le gouvernement va encadrer plus strictement l’instruction à domicile dans le projet de loi « confortant les principes républicains ». Il prévoit l’obligation pour les parents de demander une autorisation préalable du rectorat pour pouvoir faire l’école à la maison. Mais pour éviter l’inconstitutionnalité, quelques dérogations restent possibles.
Mi-juin, l’école élémentaire Georges-Bruguier de Nîmes a été déplacée vers un centre de loisirs, pour échapper au climat de guerre urbaine qui secoue le quartier du Chemin-Bas d’Avignon. Intrusions, balles perdues, tirs nourris d’armes de guerre…
Le 2 novembre, un collégien de 14 ans est interpellé. Au bout de quarante-huit heures de garde à vue, il est mis en examen pour ses propos tenus en classe dans le cadre de la discussion autour de l’hommage à Samuel Paty. Sur la base de nombreux témoignages et documents, notre partenaire Marsactu retrace cette histoire symbolique de notre société.
La publication d’une annonce par le rectorat de Versailles pour un poste de professeur vacataire au collège de Samuel Paty a créé l’émoi. Le texte a été vite retiré mais cette démarche révèle la difficulté à trouver des remplaçants dans l’éducation nationale.
Mater la jeunesse semble être une véritable priorité de ce gouvernement. Les valeurs de discipline et d’ordre sont pourtant contestées mais le ministère de l’éducation nationale et la secrétaire d’État chargée de la jeunesse ont plus d’un tour dans leur sac.
L’Education nationale expérimente dans dix départements son propre manuel de lecture. Des chercheurs et éditeurs craignent une atteinte à la liberté pédagogique et s’alarment de l’interventionnisme de Jean-Michel Blanquer.