Neuf coautrices pour un projet ambitieux : reprendre pour le réactualiser un des livres les plus connus du féminisme, Notre corps, nous-mêmes, édité en 1977 en France et jamais repris depuis. Mediapart vous livre un extrait consacré aux violences.
La parution de deux nouvelles traductions intégrales des Journaux de Kafka nous permet de découvrir un stratège en guerre contre « les relations fantomatiques entre les hommes ». À l’ère de la postvérité et du brouillage généralisé de la frontière entre la réalité et la fiction, Kafka redonne à la littérature sa raison d’être, « créer la possibilité d’une parole vraie d’être à être… »
Deux récents ouvrages, Moi, Galilée, qui ne suis qu’un homme, de Daniele Vegro, et SNML – Anatomie d’une contrefaçon, prouvent que le savant mort en 1642 inspire encore des chercheurs assez insolites, qui ont dû passer une grande part de leur propre vie à étudier ses œuvres.
Tout destinait Betty à devenir « une gentille femme amicale un peu distraite ». Elle parvient à fuir ce qui l'avait entravée. Le roman de Marlen Haushofer Une poignée de vies, publié en 1955, vient d’être finement traduit en français.
Marie Cosnay a récemment traduit L’Énéide, une histoire de migrants sur la Méditerranée. Avec If, dont le récit se situe entre la France et l’Algérie, elle poursuit l’exploration de personnages entre deux rives. Entre fiction et documentaire, le texte prend la forme d’une enquête à la poursuite d’un homme disparu.
Deux livres écrits par des élèves de l’islamologue Gilles Kepel établissent, en dépit de biais idéologiques et de problèmes méthodologiques pour l’un d’eux, que la France est loin d’en avoir fini avec le salafisme et le djihadisme, qui se restructurent aujourd’hui dans les prisons françaises.
« Papa », roman de Régis Jauffret, procède d’un renversement absolu de la posture d’écriture à laquelle l’auteur nous avait habitués, à laquelle il s’était lui-même habitué. Il lui a suffi de voir, à la télévision, en septembre 2018, un documentaire consacré à la police de Vichy et le visage terrorisé de son père, un jour d’été 1943. Une apparition.
Il a 29 ans, on sait très peu de choses de lui, sauf qu’il décide de quitter le domicile qu’il partage avec sa mère, de marcher tout droit jusqu’à s’effacer du monde. Dans La Longue Marche, le romancier turc Ayhan Geçgin s’attache à montrer que « résister au monde n’est peut-être pas si facile que ça ».
Dans son dernier livre, l’historien Johann Chapoutot montre comment la réflexion sur la conduite des hommes a été au cœur de la machine nazie, avant de trouver une reconversion après guerre. « Paradoxalement », note-t-il, des idéologues du IIIe Reich ont développé « une conception du travail non autoritaire, où l’employé et l’ouvrier consentent à leur sort et approuvent leur activité ».
L’inversion du stigmate est une technique de lutte bien connue des minorités ; c’est le principe de la Gay Pride. Le livre de Rebecca Makkai, qui raconte le sida dans le Chicago du milieu des années 1980, choisit une autre voie : prendre une population stigmatisée dans les filets d’un roman grand public pour en faire une histoire commune.
Depuis une trentaine d’années, le cinéaste Rithy Panh construit une œuvre-témoignage, une « proposition artistique », aime-t-il à dire : une vingtaine de films, des dizaines de milliers de photos, des livres. Rescapé du génocide perpétré au Cambodge par les Khmers rouges (1975-1979), il publie ces jours-ci son troisième texte, cosigné avec le romancier Christophe Bataille.
En se concentrant sur des éléments qu’on néglige d’ordinaire, Trois Jours dans la vie de Paul Cézanne, de Mika Biermann, et Trois Réputations, de Jérémie Gindre, illustrent l’art de la forme brève pour dire une vie.
Mal connue en France, Ursula K. Le Guin est une star mondiale de la science-fiction. Mais c’est aussi une merveilleuse théoricienne pour penser ici et maintenant. Danser au bord du monde, ou quand une écrivaine féministe de fantasy nous apprend à construire des histoires inédites.
Constamment réédité depuis sa publication anglaise en 1892, The Diary of a Nobody vient d’être traduit en français par Gérard Joulié, auteur d’une préface toute personnelle. Signé des frères Grossmith, il est un classique de l’humour anglais.
Après être restée deux ans en Égypte, durant la révolution de 2011, la doctorante en littérature comparée Zoé Carle a écrit Poétique du slogan révolutionnaire. Elle y analyse cette forme brève qui peut prendre la forme d’un chant, d’un graffiti, d’une banderole, d’une performance, etc., et qui fait advenir une autre pensée de la chose politique.
Pour un Noël en période de grève, il nous faut du rire et du discernement : il est temps de ressortir les manuels de savoir survivre de la flamboyante écrivaine punk Cookie Mueller.