Pour célébrer les 150 ans de la République, Emmanuel Macron a choisi de présider vendredi une « cérémonie de naturalisation » au Panthéon. Que signifie ce rituel ? Que donne-t-il à voir de la relation entre la République et ses autres ? Entretien avec la chercheuse Sarah Mazouz.
L’anthropologue et activiste états-unien décédé mercredi à Venise, connu pour sa critique des « jobs à la con » et son histoire de la dette, laisse une œuvre déjà majeure et pourtant inachevée. Graeber était l’une des rares personnalités intellectuelles à mener de front son travail académique et ses engagements militants avec une même exigence.
Alors que nous apprenons le décès de l’anthropologue anarchiste américain David Graeber, Mediapart republie les nombreux entretiens réalisés avec lui au cours de ces dernières années, en écho aux mouvements de protestation dans le monde, à son travail approfondi sur la dette et à sa tentative de redéfinition des contours de la classe ouvrière.
Le mouvement Black Lives Matter ne cesse d’être tragiquement relancé par des assassinats de Noirs aux États-Unis. En France, la rentrée littéraire voit fleurir les traductions de textes écrits hier et aujourd’hui par des Africains-Américains autour d’histoires réellement vécues. Tour d’horizon avec Maya Angelou, James Baldwin, Colson Whitehead… Et quelques livres français !
Dans son livre Prédations, notre confrère Laurent Mauduit dresse le bilan de plus de trois décennies de privatisations en France et alerte sur ce mouvement de marchandisation généralisée. Nous publions des bonnes feuilles de l’ouvrage qui révèlent les secrets bien gardés de l’une de ces privatisations : celle, partielle, de GDF Suez.
La fin d’une revue d’idées n’est jamais une bonne nouvelle. Mais les motifs invoqués par Pierre Nora pour annoncer la fin de la parution du Débat, revue publiée depuis quarante ans chez Gallimard, révèlent surtout la fossilisation de toute une génération d’intellectuels.
Le Bureau des légendes, dont la cinquième saison a été diffusée au printemps sur Canal +, est la tête de pont d’une vaste stratégie de soft power mise en place par les militaires français. Une enquête du numéro 16 de la Revue du Crieur.
Valeurs actuelles, après avoir publié un texte avilissant sur la député Danièle Obono sous couvert de feuilleton fictif, a nié tout racisme dans une telle prose. En mettant au défi d’y trouver la moindre trace. Défi relevé.
Best-seller couronné par le prix Strega, le plus prestigieux des prix italiens, « chef-d’œuvre » selon Roberto Saviano, M – l’enfant du siècle, d’Antonio Scurati, se présente comme un « roman documentaire » sur l’ascension de Mussolini. Mais son usage de la littérature et sa conception de l’histoire posent problème. Un roman sur le fascisme peut-il se croire tout-puissant ?
Dans son dernier livre, la philosophe Barbara Stiegler décrit son « basculement dans l’action » et propose des pistes pour se sortir des rets d’un néolibéralisme dont le grand récit, forgé à partir d’une lecture tronquée de la révolution darwinienne, continue de nous entraver.
Vous ignorez qui est Deborah Levy ? Plus pour longtemps. Ce que je ne veux pas savoir et Le Coût de la vie – les deux premiers volumes de son autobiographie pour lesquels elle a remporté lundi 2 novembre le prix Femina du roman étranger – viennent d’être traduits, et c’est splendide.
Pour le sociologue et philosophe allemand, la brèche ouverte par le coronavirus, après des siècles d’accélération de nos vies et des décennies de sentiment d’impuissance politique, peut laisser espérer une véritable bifurcation.
En décembre 1520, Albrecht Dürer se rend en excursion dans le sud des Pays-Bas, pour voir une baleine échouée sur une plage. Cinq cents ans plus tard, la presqu’île et ses polders sont menacés par la montée des eaux. Dernier épisode de notre série dans les pas du peintre allemand.
Par sa construction fragmentaire, sa circulation entre les langues – l’arabe, le français –, son humour porté autant sur la tendresse que sur l’autodérision, La Petite Dernière de Fatima Daas possède de vraies qualités littéraires. Relié aux transformations des luttes antiracistes, féministes, populaires, ce monologue en est aussi une juste expression.
Et si les animaux ne disparaissaient pas ? Et s’ils se cachaient sur le continent de plastique, pour préparer leur revanche ? Sous les ordres du dernier dodo, la résistance s’organise. Huitième et dernier épisode de notre série de bande dessinée humoristique et écolo.
Tour d’horizon, audio et parfois visuel, des chansons coloniales ou pseudo-exotiques (c’est-à-dire racistes), qui alimentèrent l’inconscient collectif d’une France qui fait aujourd’hui l’amnésique. Reviviscence en fanfare accablante !