EDF a ouvert à Mediapart les portes de la centrale de Gravelines, la plus grosse installation nucléaire d'Europe de l'Ouest. Dix heures de visite guidée très, très personnalisée pour nous convaincre du parfait fonctionnement du site.
La dette grecque est désormais hors contrôle, selon un comité parlementaire. Cette situation avait été prédite par de nombreux experts. Pourtant, l'Europe s'entête à demander toujours plus d'austérité et ne propose à Athènes que de rajouter de la dette sur la dette.
Selon nos informations, Schneider Electric, l'un des plus vieux groupes industriels français, va se délocaliser partiellement à Hong Kong. Trois des sept directeurs généraux du groupe ont quitté le siège français pour s'y installer. Le patron du groupe, Jean-Pascal Tricoire, va faire de même. Pour le gouvernement, c'est un camouflet: il a apporté son aide au groupe au motif qu'il s'agissait d'un « champion français ».
Lors de la présentation de son plan d'austérité, le 24 août, François Fillon a omis de préciser que, sous des apparences techniques, l'une des mesures aurait pour effet de majorer la CSG, que paient tous les salariés. La mesure rapportera 600 millions d'euros, soit trois fois plus que la taxation microscopique des plus hauts revenus dont l'Elysée a fait si grand cas.
L'Insee révèle que la France comptait 8,2 millions de pauvres en 2009 et que le niveau de vie médian était seulement cette même année de 1.590 euros par mois. Un spectaculaire creusement des inégalités beaucoup moins du fait de la crise que de la politique impulsée par Nicolas Sarkozy.
L'aumône demandée à une minorité de très riches n'est que l'alibi d'une rigueur pour le plus grand nombre. Grossière, la manœuvre a été accompagnée d'une opération de diversion avec l'appel «Taxez-nous!» du Nouvel Observateur. Cette entourloupe dit aussi la peur qui habite cette présidence et l'oligarchie qui l'entoure.
A défaut d'avoir réussi à ranimer une économie américaine toujours chancelante, le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, a promis aux Américains des lendemains lointains qui chantent, dans le trop attendu discours de Jackson Hole. Et il a renvoyé les politiques à leurs responsabilités.
4,4 millions de Français étaient au chômage fin juillet. Un record. Jusqu'alors, la progression du chômage était tirée par les hommes. Il progresse aujourd'hui davantage chez les femmes.
La crise financière globale a marqué le retour en force des politiques keynésiennes... et de leur échec. Guère surprenant pour qui a lu L'Homme oublié, où l'historienne libérale de l'économie, Amity Shlaes, revisite l'expérience du New Deal, la politique qui s'est trouvé une théorie.
François Fillon a levé le voile, mercredi soir, sur le plan d'austérité du gouvernement, loufoque autant qu'inégalitaire. Les grandes fortunes sont soumises à une contribution dérisoire dont toute la presse fait grand bruit, tandis que des mesures beaucoup plus lourdes et socialement douloureuses sont engagées, sans qu'il en soit fait la moindre publicité. Après avoir torpillé le bouclier fiscal, Nicolas Sarkozy malmène aussi l'autre réforme emblématique de son quinquennat, celle des heures supplémentaires. Parti pris.
Pour le spécialiste français des crises du capitalisme, la concordance des crises de la dette, aux Etats-Unis et en Europe, est mortifère. Elle inaugure une période à hauts risques, inédite, sur laquelle les politiques ont perdu prise. L'économiste milite pour une solution radicale: accompagner le défaut grec d'une nationalisation des banques européennes en difficulté.
Les marchés boursiers vont de capitulation en capitulation, signe de leur défiance sur les perspectives économiques, la santé des banques, la réponse des politiques. Et tout cela ressemble à un remake du Japon de la “décennie perdue”, ventes records de coffres-forts compris.
Révélée par Mediapart, la décision motivée de la Commission des requêtes de la Cour de justice de la République conduisant à l'ouverture d'une enquête sur Christine Lagarde est un tournant majeur dans l'affaire Tapie. Pour la première fois, une juridiction française suggère que « sous l'apparente régularité d'une procédure d'arbitrage se dissimule en réalité une action concertée en vue d'octroyer aux époux Tapie » un formidable magot prélevé sur les deniers publics. La patronne du FMI a tout à craindre de cette enquête, mais plus encore Nicolas Sarkozy. Parti pris.
En 2009, le groupe Total a versé 6,9 millions d'euros à l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine pour un contrat gazier en Libye. Le directeur général du groupe, Christophe de Margerie, a personnellement supervisé l'opération, avec le feu vert de Claude Guéant, alors secrétaire général de l'Elysée. Mediapart publie les documents.
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ne veulent pas (encore) en entendre parler. Mais de plus en plus de chefs d'Etat en sont convaincus: la zone euro doit émettre sa propre dette, si elle veut en finir avec la spéculation sur la Grèce ou l'Italie. Sauf que ce scénario vertueux est peut-être un peu trop simpliste.
En recevant mardi Angela Merkel, Nicolas Sarkozy rêvait une fois de plus d'enfiler le costume du «sauveur de l'Europe», idéal à huit mois de la présidentielle. Mais ses erreurs de communication, et les mesures d'austérité qui s'annoncent, le placent dans une situation délicate. Quant au PS, il peine à en tirer profit.