Patrimoine, financement des campagnes, assistants au Parlement européen et au conseil régional du Nord-Pas-de-Calais : Marine Le Pen et/ou son parti sont visés par pas moins de six enquêtes judiciaires.
La France vient d’assister au pire débat d’un second tour de l’élection présidentielle. Marine Le Pen a étalé sa violence et son inconsistance, mais sa présence à ce niveau révèle aussi une crise de la démocratie française.
Alternant insinuations, contrevérités et formules chocs, la candidate du Front national n'a pas cherché à dérouler une quelconque vision face à Emmanuel Macron, préférant le résumer à l'« héritier » de Hollande. Le candidat d'En Marche! l'a de son côté poussée à se positionner.
Laminé au premier tour de la présidentielle, le PS s’est retrouvé pour appeler unanimement à voter Emmanuel Macron face à Marine Le Pen. Mais avec deux versions contradictoires : les uns pour appartenir à une future majorité présidentielle, les autres pour figurer dans l’opposition.
Marine Le Pen ne veut plus effrayer avec une éventuelle sortie de l'euro et reprend à présent, avec son nouvel allié Nicolas Dupont-Aignan, une évolution vers une « monnaie commune » qu'elle identifie à l'ancienne « ECU ». Cette confusion cache des idées fondamentalement floues et imprécises qui visent à satisfaire les exigences contradictoires de l'électorat frontiste.
Marine Le Pen tente d'imprimer l'idée que le négationnisme appartiendrait à l'histoire ancienne. Mais des propos du vice-président du FN Jean-François Jalkh sur la Seconde Guerre mondiale, exhumés la semaine dernière, constituent un nouvel épisode dont la candidate se serait bien passée. Il remet au jour les liens intimes entre un discours antisémite et le parti lepéniste.
Les financements russes de Marine Le Pen se sont organisés autour d'un conseiller de Vladimir Poutine, Alexandre Babakov. Des emails démontrent une ingérence politique de deux lobbyistes russes.
Les fâcheries familiales sont mises de côté. Jean-Marie Le Pen, devant la statue de Jeanne d'Arc, puis Marine Le Pen, en meeting à Villepinte, ont concentré leurs tirs sur Emmanuel Macron. Sur tous les tons et tous les sujets, avec le renfort de Nicolas Dupont-Aignan.
Figure de la « droite décomplexée », Christian Estrosi veut aujourd’hui s’imposer comme le héraut de la bataille contre l’extrême droite. Une posture qui ne laisse pas d’étonner tous ceux qui ont suivi son cheminement politique, de Jacques Médecin qui disait partager les thèses du FN « à 99,9 % », à Nicolas Sarkozy qui en a repris les mots et les idées.
Si Marine Le Pen arrivait à l’Élysée, ils joueraient un rôle important, dans la lumière pour les uns, dans l’ombre pour les autres. Mediapart passe en revue les vingt personnages clés qui entourent la candidate, au-delà du très médiatique Florian Philippot.
Cet ex-chef du GUD, qui fut à la création du mouvement d'Alain Soral, serait omniprésent en coulisses. Ancien avocat fiscaliste – il a notamment ouvert le compte en Suisse de Jérôme Cahuzac –, Philippe Péninque œuvre depuis près de 15 ans au service de la candidate du FN. Toujours dans l’ombre.
Pendant cette campagne, le Front national a élargi sa « liste noire » des médias interdits de suivre Marine Le Pen, confortant son attitude paradoxale : d’un côté il effectue un tri des journalistes, de l’autre il mène une stratégie de « dédiabolisation » qui passe beaucoup par l’utilisation des médias. Récit de deux journalistes ayant couvert le FN, Caroline Monnot (Le Monde) et Marine Turchi (Mediapart).
Pour l'historien Nicolas Lebourg, la stratégie de « dédiabolisation » du Front national n'est pas la seule explication à l'absence de grandes manifestations contre la présence de l'extrême droite au second tour : s'y ajoutent la crise de l'antiracisme et les divisions de la gauche.
La parole à Mathilde Larrère, historienne, moitié des Détricoteuses, Karl Ghazi, secrétaire de la CGT Commerce de Paris, Caroline de Haas, militante féministe, et Olivier Tonneau, universitaire.
Pourquoi 2017 n'est pas 2002 et quelle mobilisation contre Marine Le Pen ? Dans sa tribune intitulée « À nos amis de gauche qui deviennent fous », Michel Broué, mathématicien, sonne l'alarme contre le Front national.
François Fillon battu au premier tour de la présidentielle, la droite doit à présent s’atteler à se reconstruire. Ligne politique, leadership, législatives, position à tenir vis-à-vis d’Emmanuel Macron et du Front national… Beaucoup de questions se posent.