Le Front national n’est parvenu à l’emporter dans aucune région et démontre qu’il reste un parti de premier tour. Mais il confirme son enracinement en gagnant des électeurs partout.
À quoi ressemblerait une région Front national ? Comment le FN veut-il gérer et avec qui ? Alors que le parti d'extrême droite est en capacité de l'emporter dans plusieurs régions, Mediapart décrypte ses principales propositions.
La Cour de cassation a rejeté, le 24 novembre, la requête en suspicion légitime déposée début octobre par le FN, visant à dessaisir les juges en charge de l’enquête sur son financement, d'après Le Monde. Les juges pourraient à nouveau convoquer Marine Le Pen, ou bien lui envoyer la notification de son statut de « témoin assisté ».
Le vote Front national devient « un vote de plus en plus national » et « inter-classiste ». C'est ce qu'estiment cinq chercheurs de l'Observatoire des radicalités politiques (ORAP) de la fondation Jean-Jaurès. Dans une analyse fine des résultats, ils mettent en évidence « l'hégémonie culturelle » de l'extrême droite, l'échec de la « stratégie Buisson » de la droite et l'aveuglement de la gauche.
À quelques jours des élections régionales, le Front national pourrait profiter d’un cocktail gagnant pour engranger des voix : une gestion habile de la séquence des attentats et un dispositif de diffusion de ses idées, mis en place au fil des années et sur lequel il capitalise. Il s'est aujourd'hui installé en « parti central » d'une vie politique qui gravite autour de lui. Explications.
Toujours prompt à dénoncer les affaires touchant les autres partis, le FN a investi, en position éligible, plusieurs candidats visés par des enquêtes judiciaires, voire mis en examen. Le 9 novembre, Marine Le Pen, tête de liste dans le Nord, a refusé pour la seconde fois de se rendre à sa convocation chez les juges dans l'affaire du financement du FN.
L'eurodéputé Aymeric Chauprade annonce qu'il quitte le Front national, après que Marine Le Pen a ouvertement désapprouvé son rôle dans l'évasion des deux pilotes impliqués dans un trafic de drogue en République dominicaine. L'un de ses collaborateurs, Pierre Malinowski, ancien militaire, a joué un rôle opérationnel dans l’exfiltration.
Les bureaux et domiciles du fondateur du FN ont été perquisitionnés mercredi dans le cadre de l'enquête pour « blanchiment de fraude fiscale » le visant.
« Spécial Investigation » révèle ce lundi soir une conversation édifiante dans laquelle un eurodéputé FN pro-russe met en garde Aymeric Chauprade sur des proches de Poutine qui voudraient « phagocyter » Marine Le Pen. L'élu l'alerte également sur un personnage-clé de la filière russe du FN qu'il juge « mafieux »: son ami Konstantin Malofeev, un oligarque proche du Kremlin.
Une enquête de « Spécial Investigation » (Canal Plus) démontre que les Le Pen sont en contact avec le milliardaire russe Konstantin Malofeev, un proche de Vladimir Poutine. Nos confrères ont enquêté à Paris, Moscou et Vienne sur la filière russe du FN.
Entre le FN et la Russie, les liens se resserrent jusqu'à l'échelon local. La ville FN d'Hénin-Beaumont planche sur l'idée d'un jumelage avec une commune russe. Le dossier est géré directement par le conseiller politique de l'ambassadeur de Russie en France.
Dans Les Faux-semblants du Front national, le sociologue Sylvain Crépon se penche sur les questions du féminisme et de l'homosexualité et démontre que la réorientation du parti en matière de mœurs ne fait que l'adapter aux évolutions sociétales.
Des chercheurs publient un livre collectif pour mesurer l'évolution du Front national et démonter plusieurs idées reçues : si le parti lepéniste est « plus fort que jamais », il n'est ni un « nouveau FN », ni le « premier parti de France », ni, pour l'instant, « aux portes du pouvoir ». Bonnes feuilles.
Un journaliste de Buzzfeed a été pris pour cible jeudi soir, alors qu'il couvrait la manifestation de la Ligue de défense juive (LDJ), devant le siège de l'AFP. Le débat sur la dissolution de cette organisation juive d'extrême droite revient sur la table. « J'aurais été lynché si les policiers n'avaient pas fait une brèche », explique à Mediapart notre confrère, qui va déposer plainte ce vendredi.
Pour le politiste Joël Gombin, le FN n'obtient pas pour l'instant de reports suffisants de voix de droite pour l'emporter au second tour. Le parti pâtit de son positionnement antilibéral sur l'économie, repoussoir pour cet électorat séduit par son discours sur l'immigration.