Depuis quarante ans, Danielle Mémoire construit une œuvre à rebours des modes, des usages et des conventions. Son dernier livre, Quelque membre de notre Cercle, bifurque du côté de l’autobiographie, plein d’une poésie de fée, ancienne et moderne.
La chanteuse américaine Britney Spears vient de demander la levée de la tutelle que son père exerce sur elle depuis 13 ans. Elle a raconté lors d’une audience sa vie de privation et de contrôle. Une histoire qui révèle le poids du patriarcat et la négation des maladies mentales.
L’historien Sébastien Ledoux analyse dans un essai tonique, La Nation en récit (Belin), comment un « processus historique de construction démocratique de biens communs » pourrait refonder un récit national ouvert au monde.
Dans « Le Sexe des Modernes », Éric Marty démêle les racines intellectuelles à l’origine de l’expansion du concept de « genre » dans l’univers culturel de la fin du XXe siècle. À cheval entre l’Europe et les États-Unis, cette enquête constitue la première cartographie des territoires théoriques sur lesquels a germé une pensée du sexe qui brouille l’ordre classique des représentations.
Pourquoi l’extrême droite s’affiche-t-elle en rempart contre le « mépris de classe » ? Et le « mépris », notion morale, fait-il bon ménage avec la « classe », notion sociale ? Un ouvrage collectif tente de répondre à ces questions très politiques.
Création à Paris de Berlin mon garçon de Marie NDiaye, dans une mise en scène de Stanislas Nordey. À partir de la haine d’un enfant de Chinon radicalisé en Allemagne, la pièce sonde les failles familiales et le maelstrom du monde.
En juin 2000 sortait Baise-moi de Virginie Despentes et Coralie Trinh Thi. Le film se retrouve aussitôt au centre d’une polémique lancée par l’extrême droite catholique. L'épisode annonce un tournant dans le féminisme avec, cinq ans plus tard, la parution de King Kong Théorie. Un article de la revue La Déferlante à paraître jeudi 17 juin.
Bombes à graines résistant aux OGM, greffes d’arbres fruitiers pour échapper à la mainmise de l’État, ralentissement de l’aménagement d’une forêt par la présence d’une plante invasive : un livre appelle à faire alliance avec les espèces animales et végétales pour résister à l’effondrement du monde.
Olivier Mannoni a traduit en français l’autobiographie et le programme de Hitler, rassemblés sous le titre Historiciser le mal – Une édition critique de Mein Kampf, publié le 2 juin chez Fayard. Une réédition qui lorsqu’elle fut annoncée en 2011 fit polémique. Comment travaille-t-on neuf ans durant sur un texte « poisseux, immonde, mensonger, paranoïaque, violent… » ? « La rigueur des historiens a donné à mon propre travail une solidité. », répond le traducteur.
Dans un roman d’anticipation, La Dignité des ombres, Matthieu Niango évoque ce qui flanche quand les populations ne font que tapisserie et ce qui fonctionnerait dans une démocratie enfin rendue au peuple. Entretien politico-littéraire.
Dans un ouvrage paru récemment en anglais, une économiste revient sur les conditions de la renaissance du capitalisme en Chine dans les années 1980. Des débats qui portent encore d’importantes leçons pour aujourd’hui.
Le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris a suspendu un professeur de violoncelle à la suite d’accusations de violences sexuelles. Une enquête interne a également mis au jour d’autres alertes émises par des musiciens. L’heure est-elle à une réforme de l’apprentissage de la musique classique ?
Face à l’élevage industriel qui rejette 15 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, le végétarisme incarne un levier majeur pour réduire le réchauffement climatique. La journaliste Nora Bouazzouni explique pourquoi les hommes restent les plus réfractaires à une alimentation végétale.
Dans le quatrième roman de Tash Aw, écrivain anglophone né en 1971 en Malaisie et salué par Doris Lessing comme un conteur hors pair, un homme raconte à une jeune étrangère le meurtre qu’il a commis. Mais Nous, les survivants va bien au-delà du récit d’un crime.
Expérience limite pour un historien, Serge Gruzinski s’emploie dans son dernier essai à faire parler, au sens propre, un métis de la Nouvelle-Espagne, naviguant entre les sphères indigène et espagnole. Avec l’espoir d’en finir avec les « caricatures » sur la conquête.
Les romanciers Mathias Énard et Camille de Toledo évoquent Vassili Grossman et Isaac Babel, deux martyrs juifs soviétiques de la littérature russe. Ils avaient choisi l’humanité face à la déshumanisation. Et ils le payèrent cher. Entretien croisé.