Alors que François Hollande a détaillé lors de sa conférence de pressse de nouveaux cadeaux pour les entreprises, beaucoup de médias disent de sa politique économique qu'elle est « sociale-libérale ». Mais c'est un abus de langage. Car la politique menée n'a pas grand-chose de social.
Sur les 5 000 salariés et 2 000 sous-traitants du transporteur routier placé en redressement judiciaire fin novembre, seuls 1 900 emplois devraient être sauvés. Le seul repreneur crédible est l'actuel propriétaire, qui semble être le roi du jeu de dupes. « C’est encore plus catastrophique que prévu. C’est une claque », s'alarme un syndicaliste.
L’État, qui porte le programme Rafale depuis son lancement, entend le moderniser dans l’espoir de l'exporter. La famille Dassault se contente d’empocher les dividendes, y compris politiques.
À quelques mois des élections européennes, des élus se lancent dans une enquête sulfureuse sur « le rôle et les agissements de la Troïka » en Grèce, au Portugal, en Irlande et à Chypre. Les responsables de la BCE ou du FMI traînent des pieds, et les délais sont serrés.
Face à la commission d’enquête sénatoriale, les responsables de la société privée chargée de percevoir la taxe poids lourds sont restés évasifs, flous et parfois trompeurs. Au nom du secret commercial, tous les aspects financiers de ce partenariat public-privé restent tus.
Étrange retournement de situation : alors qu'en 2010, Claude Perdriel, patron de l'hebdomadaire, faisait campagne contre le trio Bergé-Niel-Pigasse pour racheter Le Monde, c'est aujourd'hui ce dernier qui devrait racheter Le Nouvel Observateur. Le trio BNP prendrait 65 % du capital en injectant 13,5 millions d'euros.
Pour la deuxième fois en moins d'un mois, la plus haute juridiction française a freiné les députés dans leur ardeur à s'attaquer aux fraudeurs et aux entreprises jouant abusivement de l'optimisation fiscale. Ancien membre du conseil, Pierre Joxe qualifie ses décisions de « profondément réactionnaires ».
C'était l'objectif affiché dès 2010 : il fallait privatiser à tout-va pour faire baisser l'endettement de la Grèce. Alors qu'Athènes prend la présidence de l'UE, le bilan est sans appel. Les privatisations n'ont eu aucun effet sur la réduction de la dette qui dépasse les 300 milliards d'euros.
Les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres se sont encore accentuées l’an dernier. Aux États-Unis, les plus fortunés détiennent plus de la moitié des revenus nationaux, une concentration inégalée depuis 1917.
Beaucoup de médias pointent un changement de cap social-libéral de François Hollande. Mais si virage il y a eu, il est en fait intervenu le jour même de son accession à l'Élysée. Ce qui fait planer des doutes sur la sincérité de ses engagements pendant la campagne.
À leurs yeux, la crise de la zone euro est loin d'être réglée: des économistes et juristes allemands montent au créneau, partisans d'une nouvelle étape dans l'intégration européenne. Angela Merkel elle-même veut de nouveaux traités. Quitte à passer sous silence un autre débat : les déséquilibres de la première économie de l'UE, et leurs dégâts sur le continent.
Dans Le Figaro, le milliardaire présente ses vœux pour 2014. Ils prennent des allures d'encouragements aux socialistes pour leur politique économique néolibérale.
La décision est passée presque inaperçue au conseil européen de décembre : le Luxembourg a obtenu un nouveau délai, jusqu'à mars, pour signer une directive clé afin de lutter contre l'évasion fiscale. Quitte à crisper un peu plus ses partenaires européens. Entre gages de bonne volonté et stratégies d'évitement, à quoi joue le Grand-Duché à Bruxelles ?
Pour la SNCM, l’année 2014 commence dans la routine : grève reconductible clouant navires et passagers à quai, nouvelles subventions publiques douteuses, sur fond de cuisine électorale marseillaise.
Le régime complémentaire des retraites des cadres profite-t-il de la mensualisation des versements à partir du 1er janvier pour se refaire une santé financière au détriment d'un demi-million de cadres retraités avant 1992 ?