Emmanuel Macron pousse à son paroxysme la logique de la monarchie républicaine, en tirant tous les leviers que la Ve République lui confère. Sans cacher une certaine autosatisfaction, il dit « assumer totalement la “verticalité” du pouvoir », quitte à renier la culture du débat prônée durant la présidentielle.
En ce printemps, chacun évoque l’ombre de Mai 68. Mais il est aussi un autre anniversaire riche d’enseignements : celui du coup d’État des généraux, le 21 avril 1961 à Alger.
Face au projet de loi gouvernemental voté le 22 avril à l'Assemblée nationale, Nouvelle Gauche, communistes et France insoumise ont mis leurs forces et leurs discours en commun. Une séquence de rapprochement inédite depuis le début de la législature. De là à extrapoler sur une possible unité à l’avenir ? Rien n’est moins sûr.
Alors que la mobilisation étudiante se poursuit, l’exécutif continue de défendre ses politiques teintées de pragmatisme et d’éthique libérale. Sous couvert de modernisation, son approche de « la jeunesse » révèle en filigrane une vision classique de la société, où les alternatives sont encouragées à condition qu’elles respectent le cadre fixé par le pouvoir.
Les militants du groupuscule d’extrême droite Génération identitaire ont remballé, dimanche après-midi, la banderole anti-migrants qu’ils avaient déployée la veille à la frontière transalpine. Le buzz a duré tout le week-end.
Politique agricole, mouvement social, « clivage riches-pauvres », protectionnisme de gauche, « parti médiatique »… le député FI François Ruffin, qui appelle à un « débordement général » le samedi 5 mai, dévoile sa pensée et sa stratégie à Mediapart.
On va beaucoup épiloguer sur l’interview d’hier soir, en attribuant des points aux combattants, comme si c’était un match de boxe. Erreur, ce ne fut qu’une interview. Mais une rupture en même temps. Jamais président français n’avait été interrogé sur un tel mode, et ce ton fera jurisprudence.
L’hyper-président Macron bombe le torse à l’international, ne craint pas d’affronter « en même temps » les étudiants, les cheminots et les écolos, et met en scène son pouvoir « jupitérien ». Mais après un an à l’Élysée, a-t-on affaire à nouveau type de chef d’État ou à un colosse aux pieds d’argile ? Dernier volet de notre enquête.
Dans son livre Les Leçons du pouvoir, l’ancien président défend mordicus son action au pouvoir et attribue la responsabilité de ses déboires aux frondeurs. Sans convaincre.
Le régime irakien a cherché à financer, en mai 1974, la campagne électorale de François Mitterrand, selon un document des services secrets allemands que révèlent Mediapart et l’hebdomadaire Der Spiegel. La somme d’un million de dollars est évoquée, sur la foi d’une communication interceptée à l’ambassade d’Irak à Paris.
Le constat de crise de la démocratie représentative est largement partagé. Mais plutôt que de l’affronter pour tenter de la résoudre, Macron pense pouvoir la contourner en misant sur un autoritarisme technocratique, passant outre l’esprit des lois et les réalités de la société. Deuxième volet de notre enquête.
Pléthorique, divers, inédit par sa composition : le groupe parlementaire de La République en marche s’est organisé durant dix mois pour soutenir au mieux le rythme du gouvernement. Mais si la forme compte, le fond rattrape ces élus sur des sujets restés flous pendant la campagne. La belle devanture se fissure devant l’absence de colonne vertébrale politique.
Pur produit de la technostructure, Emmanuel Macron avait promis qu’il bousculerait les schémas de l’« ancien monde » en réformant le fonctionnement de l’appareil d’État. Un an après son élection, la méthode qu’il a instaurée, en mettant au pas la haute administration et en accordant un rôle prédominant à Bercy, a accentué un mouvement vieux de trente ans : l’hypercentralisation du pouvoir.
Le « macronisme » a déjà été maintes fois scruté dans ses influences et sa trajectoire. Mais quelle pratique du pouvoir la première année de Macron à l’Élysée dessine-t-elle ? Comment les chercheurs qui travaillent sur l’État, la démocratie et le politique s’en saisissent-ils ? Enquête en trois volets.
Les services de renseignement s’inquiètent de la proportion grandissante de membres des forces de sécurité ayant rejoint des groupuscules d’autodéfense. Parmi les « objectifs de la DGSI » suivis pour leurs liens avec « l’extrême droite violente », on recense une cinquantaine de policiers, gendarmes et militaires. Les autorités de tutelle ont été alertées à l’automne dernier.
Réunis ce week-end pour le 78e congrès, les cadres du PS ont répété en boucle qu’il allait remonter la pente. Leur stratégie : miser sur l’effondrement des concurrents, et ne pas rouvrir la boîte de Pandore des divisions internes.