Profitant de la démobilisation de l’électorat de gauche, les élus locaux jouent la carte des valeurs, en insistant sur la famille et la responsabilité individuelle. Mais la droite reste encore lourdement handicapée par Nicolas Sarkozy, son Kärcher et ses obsessions identitaires.
Le Parti radical a annoncé, jeudi 29 octobre, avoir exclu de ses rangs Rama Yade. Persuadée qu’il s’agit d’une « intox » destinée à l’écarter des listes LR-UDI pour les régionales, l’ancienne secrétaire d’État de Nicolas Sarkozy conteste cette décision, qu’elle estime prise en dehors de tout processus statutaire.
Dans Les Faux-semblants du Front national, le sociologue Sylvain Crépon se penche sur les questions du féminisme et de l'homosexualité et démontre que la réorientation du parti en matière de mœurs ne fait que l'adapter aux évolutions sociétales.
Des chercheurs publient un livre collectif pour mesurer l'évolution du Front national et démonter plusieurs idées reçues : si le parti lepéniste est « plus fort que jamais », il n'est ni un « nouveau FN », ni le « premier parti de France », ni, pour l'instant, « aux portes du pouvoir ». Bonnes feuilles.
Un journaliste de Buzzfeed a été pris pour cible jeudi soir, alors qu'il couvrait la manifestation de la Ligue de défense juive (LDJ), devant le siège de l'AFP. Le débat sur la dissolution de cette organisation juive d'extrême droite revient sur la table. « J'aurais été lynché si les policiers n'avaient pas fait une brèche », explique à Mediapart notre confrère, qui va déposer plainte ce vendredi.
Le premier secrétaire du PS a-t-il raison de se gargariser autant qu’il le fait de son référendum militant, en faveur de « l’unité » ? Assurément, car il le conforte dans son univers parallèle.
Pour le politiste Joël Gombin, le FN n'obtient pas pour l'instant de reports suffisants de voix de droite pour l'emporter au second tour. Le parti pâtit de son positionnement antilibéral sur l'économie, repoussoir pour cet électorat séduit par son discours sur l'immigration.
Nadine Morano, Rachida Dati, Patrick Buisson, Claude Guéant, Emmanuelle Mignon… Ils ont tous incarné, chacun à leur manière, quelque chose du sarkozysme, avant de finir par « trahir » l’ex-chef de l’État. Passage en revue de ces amis devenus des bombes à retardement.
Il voulait transformer l’UMP en « une armée », métamorphoser les élus en sarkozystes convaincus, devenir « le meilleur rempart au FN » et prendre le parti comme bouclier pour se protéger judiciairement. Un an après son retour, aucun des objectifs fixés par Nicolas Sarkozy n’a été rempli. Panique à bord.
S'il débauche aussi à gauche, le Front national s'est donné pour objectif d'aspirer une droite divisée sur son leader et sa ligne. Sa stratégie : conquête par segments électoraux, distribution de postes, ajustements de son programme économique et exploitation d'une grande porosité entre les deux formations politiques sur la question migratoire.
De la honteuse visite en Arabie saoudite aux violences verbales contre les syndicats, Manuel Valls achève une semaine sarkozyste en diable, accentuant encore la rupture de ce pouvoir avec «le peuple de gauche».
À deux mois des élections régionales et en plein conflit social à Air France, François Hollande semble fragilisé, incapable de répondre aux inquiétudes des Français et aux interpellations de son électorat. Au gouvernement et même dans son entourage, une partie de ses partisans sont gagnés par le doute.
La présidente du FN ne s’est pas présentée à la convocation par les juges chargés de l’affaire des financements illicites du FN, mardi. Le FN a déposé une requête en suspicion légitime contre les deux magistrats. Il a également attaqué le réquisitoire supplétif délivré par le parquet en juin.
Devant le tribunal correctionnel, Claude Guéant peine à justifier les compléments de revenus qu'il s'était octroyés quand il était directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy entre 2002 et 2004. Vendredi, il a expliqué qu'il devait, par exemple, rémunérer des informateurs corses, et que cela avait un prix. Le tribunal en est resté interloqué.
A l'issue de dix mois de travaux et d'auditions, le « groupe de travail sur l'avenir des institutions » a rendu ce vendredi le premier tome de son rapport. On y retrouve peu ou prou toujours les mêmes propositions depuis 22 ans et la commission présidée par Georges Vedel en 1993. Et il y a aussi peu de chances de voir aboutir les préconisations les plus intéressantes que lors des missions Balladur (2008) ou Jospin (2012).