En avant-première, Mediapart décrypte la réforme concoctée par un député socialiste pour « rénover » les lois sur l'argent des partis et des campagnes, soutenue par le PS. En pleines affaires Bygmalion ou FN, ce serait un progrès. Encore trop mince.
À quelques jours des élections régionales, le Front national pourrait profiter d’un cocktail gagnant pour engranger des voix : une gestion habile de la séquence des attentats et un dispositif de diffusion de ses idées, mis en place au fil des années et sur lequel il capitalise. Il s'est aujourd'hui installé en « parti central » d'une vie politique qui gravite autour de lui. Explications.
En se constituant en commission d’enquête temporaire, la commission des lois de l’Assemblée nationale veut contrôler les « abus » de l’état d’urgence. En aura-t-elle les moyens, alors que le gouvernement réfléchit à le durcir encore ?
À Marennes (Charente-Maritime), tout le monde parle des attentats. Les régionales sont bien loin. Ici comme ailleurs, le Front national pourrait gagner du terrain. Le PS pensait garder aisément la grande région Aquitaine. Cela risque d'être plus difficile que prévu.
Alors que la gauche parlementaire fait corps, dans ces votes, avec une droite et un FN réjouis d’avoir gagné la bataille culturelle, ils ne sont que quelques-uns à faire entendre une voix dissonante. La réforme constitutionnelle à venir pourrait toutefois réveiller les oppositions.
Passés les louvoiements, la droite affiche un « soutien sans réserve » au gouvernement. Mais cette unanimité a eu du mal à s’enclencher. Face à une gauche qui reprend ses propositions et un FN dans la surenchère, l’opposition cherche encore son équilibre.
« Pas de juridisme, avançons ! », a lancé Manuel Valls aux députés. L’Assemblée a voté la prolongation de l’état d'urgence pour trois mois, par 551 voix contre 6 (et une abstention). Au nom de l’« union nationale », la droite a largement influencé le texte, et ricane : « La gauche s’est radicalisée ! »
Dans son discours au Congrès, François Hollande a demandé une modification de la Constitution pour y inscrire l’état d’urgence. Il a également annoncé une batterie de mesures sécuritaires. « La France est en guerre », a-t-il dit pour justifier le tournant ultra sécuritaire du quinquennat.
La France est en guerre depuis plus de quatre ans, sans stratégie, avec peu de moyens et de piètres résultats. Le fait d’avoir affaire à des fanatiques prêts à se faire exploser dans Paris en tuant un maximum de personnes n’absout pas de ses propres inconséquences.
Toujours prompt à dénoncer les affaires touchant les autres partis, le FN a investi, en position éligible, plusieurs candidats visés par des enquêtes judiciaires, voire mis en examen. Le 9 novembre, Marine Le Pen, tête de liste dans le Nord, a refusé pour la seconde fois de se rendre à sa convocation chez les juges dans l'affaire du financement du FN.
Comment couvrir le dernier scrutin du quinquennat de François Hollande, qui risque d'être marqué par l'abstention et un basculement à droite et à l'extrême droite ? En train régional et avec l'aide d'écrivains qui veulent combattre « certaines soûleries réactionnaires ».
L'eurodéputé Aymeric Chauprade annonce qu'il quitte le Front national, après que Marine Le Pen a ouvertement désapprouvé son rôle dans l'évasion des deux pilotes impliqués dans un trafic de drogue en République dominicaine. L'un de ses collaborateurs, Pierre Malinowski, ancien militaire, a joué un rôle opérationnel dans l’exfiltration.
Le député socialiste Pouria Amirshahi lance ce dimanche le « Mouvement commun », qui espère être une plateforme de « reconquête idéologique » rassemblant responsables politiques de tous bords à gauche, militants associatifs et syndicaux, et citoyens. Pour Mediapart, il explique les contours et l'ambition de cette nouvelle organisation, loin du « poison de la présidentielle » et avec Podemos comme modèle assumé.
Dans l'affaire « Sarkozy 2012 », l'enquête s'élargit au-delà de Bygmalion, sur la piste d'autres dépenses cachées. Une facture d'Agence Publics, co-organisatrice du meeting géant de Villepinte, a disparu du compte du candidat. Mediapart a mis la main sur cette facture à 1,5 million d'euros.
En quelques jours, le gouvernement a dû reculer sur plusieurs mesures budgétaires. L’exécutif craint une débâcle aux régionales mais son discours volontariste sur la réforme reste comme suspendu.
Les bureaux et domiciles du fondateur du FN ont été perquisitionnés mercredi dans le cadre de l'enquête pour « blanchiment de fraude fiscale » le visant.