Lundi 29 janvier, l’ambassade de France à Budapest a remis la Légion d’honneur à une membre du gouvernement Orbán. Une distinction qui intervient alors qu’Emmanuel Macron se pose en adversaire du dirigeant hongrois sur le plan européen.
Depuis l’affaire Khashoggi, le gouvernement français paraît gêné dans ses déclarations publiques ; mais en coulisses, cela ne l’empêche pas de continuer à faire le forcing pour vendre au régime saoudien des armes susceptibles de servir dans la guerre au Yémen.
À l’occasion de son premier voyage officiel au Caire et ne pouvant plus ignorer publiquement la violence du régime de Sissi, Emmanuel Macron a écouté les ONG qui lui demandaient de s'exprimer sur les droits de l'homme. Sans pour autant remettre en cause les ventes d’armes de la France.
Après avoir minoré la question des droits humains, Emmanuel Macron entendrait désormais l’évoquer publiquement lors de sa visite d’État en Égypte ces 27 et 28 janvier. Ce changement de braquet est-il vraiment sincère, ou simplement destiné à désamorcer les critiques de la relation de Paris avec un régime de plus en plus répressif ?
L’ancien ambassadeur François Zimeray est soutenu par l’Élysée pour devenir haut-commissaire adjoint aux droits de l’homme de l’ONU. Une promotion que les ONG et certains diplomates au Quai d’Orsay souhaiteraient éviter, car le candidat est jugé trop proche du gouvernement israélien. (Un droit de réponse de François Zimeray est joint à cet article)
Le 12 novembre 2018, le ministre des affaires étrangères français a affirmé ne pas avoir eu connaissance des preuves fournies par la Turquie concernant l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi par des tueurs saoudiens. Sept diplomates et agents du renseignement français contredisent le ministre.
Les apôtres du déclin traitent la France comme un mauvais élève de la mondialisation, comme un pays qui ne saurait pas tirer son épingle du jeu de la concurrence internationale. C’est pour cela que cet épisode est consacré au commerce des armes, un domaine dans lequel l’Hexagone fait mieux que beaucoup de ses voisins.
Le roi du Maroc et le président français ont inauguré jeudi 15 novembre le premier TGV d’Afrique qui relie en deux heures Tanger à Casablanca. Derrière cette inauguration, les liens sacrés entre la France et le Maroc qui ne doivent souffrir d’aucune tension sur la ligne.
En dépit des déclarations de la chancelière en faveur d’une coopération avec la France, les milieux allemands de la Défense considèrent la création d’une « armée européenne » comme irréaliste et contre-productive. Ce rapprochement se heurte à des cultures politiques, stratégiques et industrielles différentes des deux côtés du Rhin.
Depuis son élection, Emmanuel Macron tente de relancer une Europe de la défense moribonde. Le constat est partagé : des risques nouveaux menacent la sécurité du continent. Mais les pays européens sont en désaccord sur à peu près tout. Et une large partie d’entre eux s’en remettent d’abord, voire exclusivement, à l’Otan.
Le gouvernement français a toujours pris la peine de dissimuler les armements exportés à l’étranger par des entreprises tricolores. Alors que des gros clients de la France mènent une guerre cruelle au Yémen, nous avons cherché à savoir s’ils avaient recours à des armes françaises.
Le meurtre probable d’un journaliste par l’Arabie saoudite dans l’enceinte de son consulat d’Istanbul devrait susciter l’opprobre international sur le royaume et son prince héritier Mohammed ben Salmane. À la place, c'est le silence radio des chancelleries occidentales.
Les États-Unis, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, mais aussi l’Otan et l’Union européenne ont multiplié jeudi 4 octobre les accusations contre les services secrets russes, et notamment le renseignement militaire, à grand renfort de détails sur les opérations démantelées.
Les informations de Mediapart sur la vente des 36 avions Rafale en 2016 ont provoqué un véritable séisme politique en Inde. L’opposition réclame la démission du premier ministre Narendra Modi, qu’elle accuse d’avoir favorisé un industriel privé au détriment de la société d’État. Le Quai d’Orsay et Dassault Aviation font bloc.
Le Canada de Justin Trudeau a vécu au mois d’août un bras de fer diplomatique avec l’Arabie saoudite du prince héritier Mohammed ben Salmane sur la question du respect des droits de l’homme. Dans un malaise international symptomatique, piteux. Et lourd de dangers.
Comme sous Hollande, la présidence Macron aligne sa politique moyen-orientale sur les intérêts de Riyad. Un choix immoral – les ventes d’armes utilisées dans la sale guerre du Yémen – et irresponsable – il accentue une dépendance énergétique et géopolitique désastreuse.